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Dans La Décroissance, une BD qui fait Führer

L'annonce de la BD en "une". Contrairement à La Décroissance, moi, je 'utilise pas le terme "nazi" à la légère.
L’annonce de la BD en « une ». Contrairement à La Décroissance, moi je n’utilise pas le mot « nazi » à la légère.

Décidément, c’est la consécration : après Michel Collon, c’est le journal La Décroissance qui vante mes succès dans la lutte contre le « confusionazisme », en me consacrant toute une bande dessinée dans son numéro d’octobre. Confusionnisme.info n’y est pas explicitement cité, au contraire du Lys noir en son temps, mais désigné sous le terme méprisant de « site de nana » (je suis « nana » dans la BD, car « nana + zizi = nazi » – une réflexion qui restera sans nul doute dans les annales de l’écologie politique – : les mêmes auraient-ils osé qualifier un site géré par un homme de « site de mecton » ?). La Décroissance m’envoie donc chez le psy afin de soigner mes penchants de balance léninisto-stalinienne. Une consultation qui n’a néanmoins pas servi à grand chose, puisque mon destin est de toute façon de finir en nouvelle Adolf Hitler (si, si !). Cliquer pour agrandir cette « oeuvre » qui n’aurait pas dépareillé parmi « Les dessins de la semaine » d’Egalité et Réconciliation :

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Si en usant du sexisme, de l’infantilisation, de la psychologisation ou de l’inversion des valeurs (ce sont les antifascistes qui sont des nazis quand ceux qui publient des réactionnaires font en fait partie des tenants d’une idéologie émancipatrice) La Décroissance ne fait pas dans l’originalité, elle parvient tout de même à battre à plate couture quelques uns de mes plus farouches détracteurs dans l’art du dénigrement ordurier. Quoi de mieux en effet que l’injure et la calomnie pour éviter d’avoir à répondre aux questions qui fâchent ? Car en attendant, ce journal ne fournit toujours aucun argument pour répondre à mes critiques à son égard, qui pointent en particulier sa propension à publier toutes sortes de conservateurs et de réactionnaires, une tendance d’ailleurs confirmée dans ce numéro.

numérisation0001En effet, on y est invité à lire la revue écolo-catho Limite  et La Décroissance propose de nouveau ce mois-ci un improbable débat réunissant justement un des collaborateurs de Limite et défenseur d’une vision traditionaliste de la famille, Fabrice Hadjadj, le théologien orthodoxe anti-mariage pour tous Bertrand Vergely et une représentante de la revue Z, qui est elle une publication de tendance libertaire, et dont on se demande ce qu’elle peut bien faire en si charmante compagnie. Or, s’il est déjà problématique d’ouvrir ainsi ses colonnes à des réactionnaires quand on prétend défendre une cause émancipatrice, on aggrave encore son cas quand on ne les annonce pas comme tels, ce qui est désormais une habitude dans ce journal (voir ci-dessus, cliquer pour agrandir).

numérisation0017-2On peut aussi y lire une interview de Renaud Garcia, auteur d’un livre récent paru aux éditions L’Echappée, qui y condamne les actions des féministes et des libertaires contre Alexis Escudero et défend « l’idée que des révolutions socialistes aient pu être menées au nom d’une certaine forme de conservatisme », tandis qu’un autre article propose, pour « aller vers une écologie populaire », non d’avoir recours à la lutte des classes mais « de s’appuyer sur ce que les cultures populaires peuvent encore avoir d’opposé, par rapport aux critères de l’élite » (voir l’extrait ci-contre, cliquer pour agrandir). Or, au vu de la vision très michéiste de ladite culture populaire que semble partager La Décroissance, on peut craindre le pire.

Notons que le 14 novembre, La Décroissance organisera un Contre-sommet mondial sur le climat à Vénissieux, où sont d’ores et déjà annoncés des penseurs réactionnaires comme Jean-Claude Michéa (sous réserve), Serge Latouche1 ou Thierry Jaccaud de la revue L’Ecologiste, mais aussi des gens qui n’ont rien de partisans de la décroissance comme Dominique Bourg qui est un chantre du développement durable (théorie contre laquelle La Décroissance ne trouve pourtant jamais de mots assez durs) et m^me vice-président de la Fondation Nicolas Hulot (une autre des bêtes noires du journal) ou encore le souverainiste Aurélien Bernier.

Enfin, s’agissant de la décroissance, on lira avec profit la critique faite de ce courant d’idées par le blogueur marxiste Yann Kindo.  D’ailleurs, une illustration en dernière page de ce numéro destinée à faire la promotion d’un livre édité lui aussi chez L’Échappée et compilant des chroniques du journal n’est paradoxalement pas à l’avantage de la décroissance,  puisqu’il suggère qu’effectivement cette théorie n’est pas du tout incompatible avec les intérêts du patronat. On a décidément un drôle d’humour dans ce journal…

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Ornella Guyet


A (re)lire sur Confusionnisme.info :

La Décroissance par l’incohérence ?
Encore un florilège de réactionnaires dans La Décroissance
L’extrême droite et l’écologie
Ecologie, Monnaie… Le clan Rabhi à l’avant-garde de la confusion
Nettoyage chez Reporterre : encore un effort !
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Le martyre de Saint Michel

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  1. Le relativisme culturel de Serge Latouche est très problématique, et ce n’est sans doute pas un hasard s’il a pu à une époque se rapprocher de la Nouvelle droite qui défend elle « l’ethno-différencialisme » (une théorie qui a pour visée de rendre le racisme acceptable) en écrivant dans la revue Krisis. Encore en 2013, il déclarait à Reporterre, qui lui demandait si la décroissance était de gauche ou de droite : « Pour moi, elle est à gauche. Mais le débat est biaisé. Comme le dit Jean-Claude Michéa, finalement, ne faut-il pas abandonner la dichotomie droite-gauche qui tient à notre histoire ? Par exemple, dois-je interdire à Alain de Benoist de se revendiquer de la décroissance sous prétexte qu’il est classé à droite ? Est-ce qu’il est condamné ad vitam aeternam à être enfermé dans cette catégorie ? Sa position pourrait être réévaluée, rediscutée. » Voir : reporterre.net/La-decroissance-permet-de-s