ERTV dans la jungle de Calais : une obscénité sans limite

Vincent Lapierre tentant d'expliquer à des Syriens qui ont fuit Bachar Al-Assad et Daesh que puisque le premier combat le second, alors il "est bien".
Doigt levé, Vincent Lapierre tente d’expliquer à des Syriens qui ont fuit Bachar Al-Assad et Daesh que puisque le premier combat le second, alors il « est bien ».

Vincent Lapierre, le bras cassé d’ERTV, est allé réaliser un reportage dans la jungle de Calais. Donneur de leçon, il a tenté d’expliquer à des réfugiés syriens qui lui sont opposés les bienfaits de Bachar Al-Assad contre Daesh (« Bachar fights with Daesh », dit-il…), quand eux lui ont répondu qu’à leurs yeux les deux étaient de mèche. Découvrant quelques épiceries de fortune au milieu du bidonville, il « analyse » : « comme vous pouvez le voir, il y a beaucoup de commerces. […] Donc c’est assez florissant. Activité économique assez florissante ». Ensuite, il s’est rendu dans une « discothèque » (en réalité une tente où sont organisées des projections de films et des soirées dansantes avec les moyens du bord), sous-entendant que finalement, les migrants ne sont pas si malheureux puisqu’ils peuvent s’amuser, avant de rencontrer un Calaisien qui les soutient, disant ne faire aucune différence entre Français et étrangers quand Lapierre lui suggère avec insistance qu’il faudrait s’occuper en priorité des Français pauvres. Tout en partageant le repas de migrants afghans, Lapierre a cherché à savoir s’il y a une « mafia » dans la jungle, et est parvenu à trouver un réfugié syrien pour lui expliquer que les Afghans gèreraient les passage vers l’Angleterre au détriment des autres migrants. Jouant sur les tensions entre migrants, parlant depuis son confort occidental, Lapierre n’a décidément aucune limite dans l’obscénité, osant demander au même migrant, pourquoi il fuit son pays plutôt que de « le défendre » dans le cadre de la guerre qui le ravage, avant de lui faire dire que Bachar Al-Assad pourrait être une solution. Enfin, Lapierre a fini son reportage en donnant inévitablement la parole aux riverains mécontents, dont l’un accuse les soutiens des réfugiés de « les pousser à l’altercation » et l’autre explique que des Calaisiens souhaitent s’armer. Et de conclure sur les méfaits de l’immigration et des « bobos » qui soutiennent les migrants alors qu’il n’y a pas de travail pour les Français… En août dernier, ce sont des militants de Britain First (La Grande-Bretagne d’abord) qui sont allés à Calais rencontrer des migrants afin de tenter de les dissuader de rejoindre le Royaume-Uni (source : youtu.be/Wa80bT4LbxI).

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