La tournée d’automne de Michel Collon

Michel Collon et le collectif Investig’Action viennent d’achever une tournée en Belgique, dans le Nord de la France et en Suisse. Il ont été invités au Salon du livre politique de Liège les 7 et 8 novembre, ainsi qu’au Salon des médias de Namur le 13. Entre temps, deux institutions universitaires les ont reçus : l’Institut des hautes Etudes des Communications sociales (IHECS) de Bruxelles le 9 novembre et l’Association des Etudiants en Histoire Economique et Sociale de l’Université de Genève le 11. Lors de son passage à l’IHCES, Collon était accompagné par Ahmed Bensaada, auteur d’un livre publié récemment aux éditions Investig’Action, Arabesque$, dont la thèse centrale est que les révolutions arabes sont le fruit d’un complot fomenté par les Etats-Unis ; mais aussi par Majed Nehmé, directeur de la revue Afrique-Asie accusé par plusieurs sources de complaisance avec l’ancien dictateur tunisien Zine el-Abidine Ben Ali ainsi que par Bahar Kimyongür et Mohamed Hassan. Enfin, Michel Collon et sa bande ont participé à deux événements le 14 novembre, au lendemain des attentats de Paris : tout d’abord à un atelier « Etre ou ne pas être Charlie ? – Réflexions sur la guerre, la terreur, l’islam et la liberté d’expression” à l’occasion des “Huit heures pour l’Ecole démocratique” organisées par l’Association pour une école démocratique à Bruxelles ; ensuite à Lille à un débat organisé par le Front uni des immigrations et des banlieues (FUIQP) de Saïd Bouamama et la CGT Educ’Action autour du thème « Révoltes arabes : quel a été le rôle des USA ? ». Pour ce débat qui a réuni environ 200 personnes à la Bourse du Travail, Collon était accompagné de Bouamama et de Bensaada. Outre les deux instances organisatrices et Investig’Action, l’association France-Cuba y a aussi tenu un stand.

Ahmed Bensaada, Michel Collon et Saïd Bouamama le 14 novembre à Lille. (Source : FUIQP via Facebook)
Ahmed Bensaada, Michel Collon et Saïd Bouamama le 14 novembre à Lille. (Source : FUIQP via Facebook)

Irritation du Collon

Michel Collon, qui est décidément très irrité par mes écrits, vient encore de me consacrer un article, tiré du site confusionniste “Anticons”, qui assimile au courant néoconservateur sur le modèle américain des gens n’ayant pas grand chose à voir entre eux. Si j’ai déjà répondu aux accusations de Michel Collon et si ce nouvel article reprend pour l’essentiel les calomnies déjà existantes à mon sujet sur le web, je note quand même qu’encore une fois, il a été écrit par des gens qui ne savent pas me lire et qui m’accusent par exemple de n’avoir rien dit du soutien du philosophe réactionnaire Pierre-André Taguieff à Oriana Fallaci (la preuve) ou qui écrivent à propos de mes articles sur l’Ukraine : “Le site Confusionnisme.info est actif depuis octobre 2014, mais ce n’est que le 25 août 2015, soit plus d’un an et demi après le coup d’Etat de Maïdan, que Guyet réagit très brièvement au reportage du journal d’ARTE qui évoque la formation militaire d’enfants par le bataillon Azov en Ukraine. Il aura donc fallu attendre les premières discordes entre le gouvernement Porochenko et les unités néo-nazies du Pravy Sektor, pour qu’Ornella Guyet publie un article sur l’extrême droite en Ukraine. Jusqu’alors pas le moindre dossier complet sur les néo-nazis ukrainiens, sur Svoboda ce « parti d’ex », à l’exception de dix lignes noyées dans quelques dossiers consacrés à l’Ukraine, à la teneur anti-russe. Des billets qui minimisent autant que possible l’influence de l’extrême droite pro-Kiev. D’ailleurs Ornella Guyet y parle davantage de Hugo Chavez et de l’URSS que de l’antisémitisme en Ukraine.” Chacun pourra en effet juger du fait que je n’ai jamais abordé le sujet de l’extrême droite ukrainienne avant août 2015 (la preuve ici, ici ou encore ), ou que je parle plus de Chavez dans mes articles consacrés à l’Ukraine que des fascistes locaux ou du négationnisme de son gouvernement. Sous-entendre en outre que j’aurais des sympathies pour le gouvernement de droite qui dirige ce pays ou que je chercherais à minimiser les actes de son extrême droite est particulièrement malveillant. M’est aussi reproché de “fai[re] la morale à l’un des plus grands intellectuels vivants” (combien mesure-t-il ?), Noam Chomsky, notamment en “l’amalgam[ant] à un personnage d’extrême droite” (c’est pourtant de son propre chef qu’il a effectivement accordé une interview à Piero san Giorgio et a posé avec lui pour un “selfie”). Mais Collon et Anticons ne sont plus à une approximation près… Une chose est sûre : malgré tous leurs efforts, ils ne parviennent pas à battre La Décroissance, qui dans son dernier numéro me caricature carrément en Adolf Hitler. O. G.

Mise à jour, 18:53 : un lecteur (merci à lui) me signale que l’article d’Anticons a été relayé par le site d’extrême droite VoxNR sur Twitter :2015-10-11_collon_voxnr

Ben mon Collon !

La leçon du jour : ce n’est pas bien de coller des étiquettes, sauf quand c’est Michel Collon qui les colle (cliquer pour agrandir) :

2015-10-06_Collon_TwitterQuant à l’article sur Dieudonné qu’il mentionne, voici ce que j’en disais dans le dossier que je lui avais consacré : “Lors de la récente affaire des « quenelles », Collon a publié un texte défendant sa liberté d’expression [celle de Dieudonné, NDLR] tout en condamnant son confusionnisme qui profite à l’extrême droite. Une inflexion critique qui lui permet cependant de s’épargner toute autocritique et de tenter de se refaire une virginité antifasciste à peu de frais, tant Dieudonné est une figure repoussoir caricaturale.” Chacun est libre de ne pas partager mon analyse de cet écrit paru sur son site, mais Michel Collon pourra difficilement m’accuser de ne pas avoir tenu compte de son existence dans le cadre de l’étude que je lui ai consacrée. Notons aussi que son interview à Croah.fr est postérieure à la publication de l’article en question. O. G.

Salon du livre de Caracas 2014 : quand Nicolas Maduro a servi la soupe à Michel Collon

Michel Collon a publié le 26 août une vidéo dans laquelle on voit Nicolas Maduro, président du Venezuela, vanter ses mérites lors du salon du livre de Caracas, le 23 mars 2014 : “Ce dixième salon du livre serait le 1er péché du livre Les 7 péchés (Les 7 péchés d’Hugo Chavez, sort en 2009, NDLR). Nous allons justement donner la parole à un invité étranger qui nous apporte ce livre extraordinaire, un livre qui nous permet de comprendre comment vous, les intellectuels d’Europe, avez réussi à capter l’essence rénovatrice du nouveau modèle que le Commandant Chavez a construit dans notre réalité”. Après cette introduction flatteuse, Maduro a interviewé Michel Collon, pour son plus grand bonheur. Ce dernier en a profité pour rappeler qu’il avait plusieurs fois rencontré Hugo Chavez, un homme dont il a vanté en retour “sa capacité à écouter et à apprendre de tout le monde”, expliquant que ce dernier l’avait encouragé “dans mes efforts pour engager la bataille médiatique internationale” contre “les mensonges [qui] préparent l’agression, la guerre, l’intervention, et ce pays est réellement l’objectif de cette armée du mensonge”. Ainsi, il a appelé à “renforcer” ladite bataille “avec les moyens modernes de communication et par une offensive plus coordonnée” et à “contre-attaquer sur le champ de bataille de l’ennemi”, qu’il nomme aussi “l’Empire”, en appelant à la construction d’une “union de résistance aux mensonges” et de “contre-information”. Michel Collon se rêverait-il en conseiller du prince ? Une chose est sûre en tout cas : ses propos sont ici clairement ceux d’un propagandiste, pas ceux d’un journaliste. “Et je suis ici avec mon ami Jean Araud (qui vit sur place depuis quarante ans et qui avait servi fin 2012 de source à la journaliste Meriem Laribi dite Andalounes dite Chavez, une partisane de Dieudonné, pour des reportages publiés dans Rue89 et le Cercle des Volontaires mais que Maduro ne semble pas connaître, NDLR) pour unir les forces du Venezuela, du Sud du Nord pour cette bataille.” Rien que ça ! Autre chose : on apprend dans cet entretien que de son propre aveu “originaire de la grande bourgeoisie bruxelloise” mais qu’il avait “décidé de changer de vie” en devenant “ouvrier, puis plus tard syndicaliste”. Collon a expliqué, citant Araud qui pense la bourgeoisie vénézuélienne ne comprend rien à la situation du pays, qu’au contraire “un ouvrier, une mère vivant dans un quartier, un jeune qui ont reçu une bonne éducation à travers “Allo Presidente” (émission de discours fleuves de Chavez, NDLR) en savent beaucoup plus.” Le lendemain de la publication de cette vidéo, Investig’Action, le site de Michel Collon publiait une interview de son collaborateur castriste Salim Lamrani (également contributeur du Grand Soir) pour promouvoir son dernier livre, Cuba : parole à la défense. (Cliquer pour agrandir)2015-09-02_collon_maduro

Michel Collon et Saïd Bouamama en tournée dans le Nord-Pas-de-Calais

Demain à Roubaix (Nord), Michel Collon et Saïd Bouamama donneront une conférence autour du livre de Collon Je suis ou je ne suis pas Charlie ? (éditions Investig’Action), à l’invitation du Front Uni des Immigrations et des Quartiers Populaires (FUIQP) et des Jeunes Communistes de Lille. Le 16, les mêmes, qui sont visiblement en tournée promotionnelle, sont intervenus à la Fête L’Humain d’abord, organisée à Avion (Pas-de-Calais) par le Front de Gauche et le PCF et lors de laquelle sont également intervenus des cadres de la CGT locale.

Michel Collon aux rencontres de l’UOIF

Le programme complet (cliquer pour agrandir).
Le programme complet (cliquer pour agrandir).

Nous venons d’apprendre par une annonce postée ce matin sur la page Facebook et le compte Twitter du collectif Investig’Action que Michel Collon et son équipe sont au Bourget (93) ce week-end pour présenter leurs deux derniers livres à la Foire musulmane qui se déroule dans le cadre des Rencontres annuelles des musulmans de France organisées par l’UOIF. Notons que l’un des co-auteurs de Michel Collon, Mohamed Hassan, ex-diplomate éthiopien qui interviendra lors de ces rencontres, s’était illustré en 2009 sur le site d’Investig’Action par ses articles plus que complaisants avec Mahmoud Ahmadinejad et le Hamas. S’agissant du premier, il y affirmait que “Ahmadinejad défend l’Iran contre l’impérialisme : c’est ce qui m’intéresse et c’est pourquoi je le soutiens” et que les élections de 2009 en Iran n’avaient pas été truquées : L’idée qu’elles ont été truquées vient de la propagande menée pour marginaliser Ahmadinejad et placer en Iran un gouvernement pro-occidental”. S’agissant du Hamas, il allait jusqu‘à justifier les exécutions d’opposants par cette organisation, pourtant condamnées à l’époque par Amnesty International suite à une enquête de terrain (voir aussi ici), au nom de la lutte contre “les infiltrés” : “Dans toute guerre, vous avez bien sûr avoir des accidents ou des excès. Mais aussi un problème majeur : les infiltrés. […] C’est une guerre, pas une party ! Le Hamas se défend.” Et de prôner une alliance des communistes de Palestine avec cette organisation réactionnaire : “Les communistes palestiniens doivent clarifier qui sont leurs alliés et qui sont leurs ennemis. Ils peuvent avoir des contradictions avec le Hamas et les autres partis. Mais ils doivent les surmonter en famille, car ces contradictions sont secondaires par rapport au problème qu’ils ont avec Israël.” Nul doute que les deux compères ne dépareilleront pas aux rencontres de l’UOIF ! 2015-04-04_collon_bourget2Sources : michelcollon.info/Que-doit-faire-Ahmadinejad-pour.html ; michelcollon.info/Ahmadinejad-Mohamed-Hassan-repond.html ; michelcollon.info/Reponse-a-vos-questions-sur-le.html

Michel Collon, un militant de la confusion

Le 4 avril 2014, au lendemain d’une réunion Vlaams Belang/FN à Bruxelles, le site Investig’Action de Michel Collon, qui se dit homme de gauche, a trouvé une manière assez originale de traiter de cette actualité en publiant un article dénonçant non pas les fascistes… mais les antifascistes qui mettent en cause certaines collusions entre franges de l’extrême gauche et de l’extrême droite, notamment sur le site Indymedia Paris. Et pour cause : Michel Collon se trouve lui-même au cœur de ces collusions.

Ruffin et Lordon, une Nuit à dormir Debout

Nuit Debout nous donne l’occasion de publier, en partenariat avec plusieurs autres groupes et sites antifascistes, un dossier qui se veut aussi exhaustif que possible sur la galaxie citoyenniste, ses réseaux et ses errements idéologiques. Vous trouverez ci-dessous son sommaire avec des liens cliquables afin de naviguer à l’intérieur aussi aisément que possible. Fruit d’un … Continue reading Ruffin et Lordon, une Nuit à dormir Debout