Amal Bentoussi

Urgence notre police assassine partage un compte Youtube d’extrême droite

Une lectrice nous signale qu’hier le collectif Urgence notre police assassine, qui est composé de familles de victimes de violences policières et qui fait un travail utile de veille et de lutte sur ce sujet en dépit de certains rapprochements avec les Indigènes de la République, a diffusé sur Facebook une vidéo appelant à soutenir sa porte-parole Amal Bentoussi lors d’un procès qui s’est déroulé… en 2014 :

2016-01-19_urgence_rinaJusqu’ici, rien de choquant ni de surprenant si ce n’est l’anachronisme, sauf que… le compte YouTube sur lequel est publiée la vidéo, Sam Rina, est par ailleurs spécialiste de la diffusion de contenus d’extrême droite, allant du duo Dieudonné/Soral au clan Le Pen en passant par… Adolf Hitler ! Cliquer pour agrandir :

2016-01-19_samrina32016-01-19_samrina2Notre lectrice, qui a signalé ce problème avec une autre personne, a vu ses commentaires effacés et a été bannie de la page d’Urgence notre police assassine. A l’heure où nous écrivons, le post est toujours en ligne. Plusieurs questions se posent dès lors : cette politique de l’autruche est-elle le fait d’un administrateur de page malveillant ou révèle-t-elle un problème plus profond au sein de ce collectif ? Pourquoi avoir maintenu ce post ? S’agit-il d’une erreur (mais dans ce cas pourquoi ne pas l’avoir effacé ?) ou d’une ligne assumée politiquement et collectivement ? Cette vidéo, qui fait la promotion du collectif, n’est-elle pas disponible ailleurs ? Dans ce cas, pourquoi avoir choisi cette chaîne pour la diffuser ?

Mise à jour, 19 janvier 2016, 22h25 : depuis la publication de notre article, Urgence notre police assassine a fourni des explications : le propriétaire du compte YouTube diffuse la vidéo sans autorisation. Dès lors cependant, pourquoi ne pas la retirer et ne pas la reposter depuis une source qui n’inviterait pas à regarder des discours d’Adolf Hitler ?

2016-01-19_urgenceMise  à jour, 20 janvier 2016, 1h05 : le post a finalement été supprimé.

Partagez ce contenu :
Share on FacebookTweet about this on TwitterShare on TumblrShare on Google+Share on LinkedInDigg thisShare on RedditFlattr the authorShare on StumbleUponEmail this to someonePrint this page

A propos de la « Marche de la dignité »

Ce samedi doit avoir lieu à Paris une « Marche de la dignité et contre le racisme » avec le soutien d’Angela Davis, qui soulève des débats passionnés dans le monde militant. En cause : la présence parmi ses signataires de représentants du Parti des Indigènes de la République et de gens proches de cette mouvance, ainsi que d’associations musulmanes à caractère religieux. Encore une fois, on note parmi les premières signataires du collectif de la Marche des Femmes pour la Dignité (Mafed) la présence d’Houria Bouteldja, d’Ismahane Chouder (co-présidente de Participation et Spiritualité musulmanes) et de Rokahya Diallo des Indivisibles (qui sont eux sur une ligne beaucoup plus social-démocrate). Parmi les autres signataires, citons Saïd Bouamama et son  Front uni de l’Immigration et des Quartiers populaires (FUIQP) ou l’éditeur Eric Hazan, mais aussi le Collectif des musulmans de France (qui a soutenu la Manif pour Tous et les Journées de retrait de l’école), le rappeur dieudonniste Médine, un  militant associatif (ex?-)sarkozyste, Tarek Mouadane, fondateur de l’association Bleu-Blanc-Rouge basée à Argenteuil et même le réalisateur Mathieu Kassovitz, connu pour sa défense de diverses théories du complot, du 11-Septembre à l’affaire Mohamed Merah ou encore Tariq Ramadan. Même si le texte de l’appel en lui-même, rédigé par Amal Bentoussi, représentante du collectif Urgence notre police assassine, ne pose pas de problème majeur et si cet appel a été signé par des dizaines des personnes et d’organisations diverses en général classées à gauche ou dans la gauche radicale, doit-on pour autant fermer les yeux sur ce douteux compagnonnage, sous prétexte de lutte anti-répression et antiraciste ? Nous ne développerons pas plus avant notre position à ce sujet, qui n’a pas changé depuis le meeting polémique du 6 mars dernier, même si nous pouvons comprendre que certains souhaitent se rendre à cette manifestation avec l’espoir de ne pas laisser le terrain aux sus-cités et si nous sommes d’accord avec eux pour considérer que le combat contre les violences policières et le racisme structurel est trop important pour être abandonné à quelques personnalités ou organisations douteuses. Cependant, il nous semble nécessaire de relayer en complément quelques textes qui à nos yeux permettent de mieux comprendre les enjeux du débat. Tout d’abord, citons le texte à l’origine de la polémique : « Lettre ouverte à ceux qui pensent que participer à la Marche-de-la-dignité-contre-le-racisme-avec-le-soutien-d’Angela-Davis n’est pas un problème » et la réponse que lui a faite Yves Coleman de la revue Ni Patrie Ni Frontières, mais aussi un texte écrit par des militants anarchistes, « Nique la « race » ». Plus généralement, notons l’analyse matérialiste de la question raciale proposée par le collectif Racialisateurs go home, qui est intéressante même si elle ne prend sans doute pas assez en compte le ressenti des personnes victimes de racisme et qui se veut une réponse à cet autre texte publié dans la revue Vacarme, qui lui adopte un point de vue intersectionnel. Parmi ceux qui annoncent leur participation à cette marche, notons le texte du groupe « Juifs et Juives révolutionnaires » qui vient de se constituer ou encore l’appel de Solidaires, qui est sur une ligne anti-répression.

Documents au format PDF  :
L’appel et la liste des signataires
Contre la marche de la dignité
Nique la « race »
Tiens, ça glisse – Racialisateurs go home

Partagez ce contenu :
Share on FacebookTweet about this on TwitterShare on TumblrShare on Google+Share on LinkedInDigg thisShare on RedditFlattr the authorShare on StumbleUponEmail this to someonePrint this page