Anarchisme

Etienne Chouard, Thierry Casasnovas et enfants indigo à Food Not Bombs Montpellier

Quelques jours avant la gauche morbihannaise, c’est le collectif libertaire Food Not Bombs de Montpellier qui va assurer la promotion d’un film dans lequel apparaissent Etienne Chouard, mais aussi Thierry Casasnovas ou des références aux « enfants indigo », théorie new age source de dérives sectaires. Au programme également de ce film intitulé Montpellier 2018 : revenu de base et ateliers constituants. Ce « documentaire » exploite comme tant d’autres le filon de la « transition », concept utilisé à tort et à travers pour promouvoir des projets de greenwashing, surtout en ville. Voici la présentation du film (cliquer sur les images pour les agrandir) :

2016-01-19_montpellier2018Sur la page Facebook de l’événement, de nombreux commentateurs ont protesté, rappelant que ce genre d’inepties est incompatible avec les valeurs du mouvement anarchiste dont se réclame Food Not Bombs, collectif qui fait de la distribution de repas vegans gratuits élaborés à base de produits de récupération. Apparemment, ils ont obtenu une fin de non recevoir puisque la projection est maintenue :

2016-01-19_foodnotbombsNotons au passage que l’image choisie pour illustrer l’événement, reprise de l’iconographie du film, est tirée du site de Laura Marie, une personne que l’on retrouve aussi, par exemple, à développer ses aberrantes thèses mystiques sur la webTV d’extrême droite MetaTV et qui est  l’une des principales promotrices de la théorie des « enfants indigo » sur le Net, dont elle fait d’ailleurs tout un business :

2016-01-19_lauramariePlus inquiétant, le film est également diffusé en milieu scolaire et péri-scolaire, ainsi qu’auprès d’acteurs du monde de l’éducation. Qu’en pensent les syndicats d’enseignants, les associations de parents d’élèves et les autorités académiques ?

12362842_530634287104140_3474993111502163822_o774743_534088413425394_4226685157154998231_o2016-01-19_montpellier2018_ecoles Merci au lecteur qui nous a signalé cette information.

Partagez ce contenu :
Share on FacebookTweet about this on TwitterShare on TumblrShare on Google+Share on LinkedInDigg thisShare on RedditFlattr the authorShare on StumbleUponEmail this to someonePrint this page

A propos d’anarchisme et de religion

L'affiche de l'événement. (Cliquer pour agrandir)
L’affiche de l’événement. (Cliquer pour agrandir)

Une polémique a éclaté il y a quelques temps dans le microcosme libertaire s’agissant d’un débat qui s’est déroulé à la librairie La Gryffe de Lyon le 6 novembre 2015. Il faut dire que le thème était dès le départ plutôt casse-gueule, puisque la conférence s’intitulait « Anarchisme et Islam » et se proposait notamment d’aborder la question : « Qu’est-ce que l’anarchisme a à dire des différences entre sunnisme et shiisme ? » Qu’aurait-on pensé d’un débat intitulé « Anarchisme et christianisme : qu’est-ce que l’anarchisme a à dire des différences entre catholicisme et protestantisme » ? Que l’anarchisme ait quelque chose à dire sur le fait religieux en général, c’est une certitude : sa ligne se situe d’ailleurs traditionnellement dans le cadre d’une critique radicale de la religion comme système d’oppression (le slogan « ni dieu ni maître » est un des plus célèbres slogans anarchistes). Qu’il soit dès lors intéressant pour faire la critique des discours religieux d’en connaître les fondements y compris théoriques et qu’à ce titre il soit pertinent de s’intéresser aux écrits et aux pensées des uns et des autres ou à l’histoire des religions, c’est une autre certitude. Les exposés des intervenants à La Gryffe, Waheb Messaoud et Daniel Colson, allaient d’ailleurs dans ce sens. En revanche, on voit mal en quoi l’anarchisme aurait quelque chose à dire sur les débats théologiques internes aux différents mouvements religieux et dans quel but : s’agirait-il de prendre parti ? Résultat : un problème si mal formulé ne pouvait que donner lieu  à d’improbables débats, dont on peut voir les traces sur le site de Pierre Tévanian Les Mots sont importants (lmsi.net/Vous-avez-dit-race-sociale) ou sur Indymedia Nantes. Pour une critique du concept de « race sociale » évoqué par LMSI, on peut se référer à ce texte récent paru sur Ni Patrie Ni Frontières. Enfin, le son du débat peut être écouté sur le site Rebellyon.

Partagez ce contenu :
Share on FacebookTweet about this on TwitterShare on TumblrShare on Google+Share on LinkedInDigg thisShare on RedditFlattr the authorShare on StumbleUponEmail this to someonePrint this page

Grèce : Syriza pris dans ses contradictions

D. R.
D. R.

Après Franz-Olivier Giesbert qualifiant Alexis Tsipras de « bouffon magnifique, héros du FNPA (contraction du Front national et du nouveau parti anticapitaliste) » (Le point du 2 juillet), c’est au tour du ministre de l’économie Emmanuel Macron d’amalgamer hier Syriza au FN lors d’une conférence au sein des locaux du journal La Provence, dans le but de décrédibiliser les soutiens au peuple Grec, notamment le Front de gauche. S’il est vrai que le FN avait il y a quelques mois exprimé sa sympathie pour Syriza, et si le parti grec lui-même a pu contribuer à brouiller les cartes notamment en s’alliant à un parti de droite populiste ou en se rapprochant ses dernières semaines du régime de Vladimir Poutine, il va sans dire que cette comparaison n’en reste pas moins hors de propos  et que venant d’un dirigeant d’une des grandes puissances européennes qui ont refusé toute concession à la Grèce, contribuant à plonger son peuple dans la misère, elle est particulièrement abjecte. Cela n’ôte rien aux critiques que l’on peut faire par ailleurs à Syriza, qui en Grèce même subit une forte opposition y compris sur sa gauche et notamment de la part des mouvements anarchistes qui lui reprochent en particulier de ne toujours pas avoir libéré les prisonniers politiques ni même amélioré leurs conditions de détention (on peut lire l’analyse de la situation actuelle par un de ces prisonniers ici, par un groupe anti-autoritaire grec ou encore d’autres groupes anarchistes ). Des prisonniers ont même mené une grève de la faim contre les prisons de haute sécurité en février et en avril derniers (voir cette borchure). Le collectif antifasciste Soyons Sauvages relève plusieurs cas de répression et de violences policières ces dernières semaines (voir ici, et ) et d’après le témoignage d’un policier grec paru quelques jours avant le référendum dans Le Parisien, policiers et militaires continuent d’être les fonctionnaires les premiers rémunérés, au cas où on aurait besoin d’eux. Là sont les vraies contradictions de Syriza, qui avant son arrivée au pouvoir dénonçait la répression policière. Si Syriza n’est pas le FN, en revanche, c’est un parti au pouvoir qui à ce titre remplit son rôle de gardien de l’ordre bourgeois. Voilà bien au moins un point commun entre le gouvernement grec et le gouvernement français auquel appartient Emmanuel Macron, même si la comparaison s’arrête là.

Partagez ce contenu :
Share on FacebookTweet about this on TwitterShare on TumblrShare on Google+Share on LinkedInDigg thisShare on RedditFlattr the authorShare on StumbleUponEmail this to someonePrint this page

Pour Michel Onfray, « l’État peut garantir l’anarchie »

Michel Onfray a débattu à Nice avec Eric Zemmour le 5 juin dernier. Le débat, organisé par Le Point, était animé par Franz-Olivier Giesbert (FOG). Onfray, qui est encore souvent présenté comme un philosophe libertaire malgré ses nombreuses prises de position réactionnaires, y a tenu un discours républicain bon teint. En matière d’anarchisme, il a cité Pierre-Joseph Proudhon comme une référence (alors que ce dernier est loin, de tous les penseurs anarchistes, d’avoir eu la plus émancipatrice des pensées), dans un développement confondant les notions de libéralisme et d’anarchisme, une confusion qui est un grand classique chez les détracteurs du mouvement libertaire.  Pour FOG, « il y a un tel anarchisme chez Proudhon qu’on n’est pas très loin du libéralisme. » Ce à quoi Onfray à répondu être d’accord avec Zemmour sur le fait que le libéralisme était une catastrophe pour la France (« la France qui est dominée par une sorte de communisme mou puisqu’il y a 57% de dépenses publiques », a jugé bon de rajouter FOG). Ainsi pour Onfray, le libéralisme est « le système dans lequel l’argent fait la loi […] Comme il fonctionne actuellement, le libéralisme est une contrainte de chaque jour, donc on a actuellement les inconvénients du libéralisme et pas les avantages. Alors mon libéralisme, effectivement il passe par la communauté, la coopération, la mutualité, la fédération, ce qui n’exclut pas l’État – ce sur quoi nous nous retrouvons tous les deux (avec Eric Zemmour, NDLR) – parce qu’il y a chez le dernier Proudhon, celui de Théorie de la propriété, cette idée que l’État peut garantir l’anarchie. » A l’entendre, on pourrait croire qu’on vit dans une sorte de dictature totalitaire dans laquelle l’État serait « en permanence présent pour nous dire ce qu’il faut faire personnellement », jusque dans notre lit (véridique !). Lui préfère y opposer le fait que « l’État devrait garantir les libertés que nous devrions pouvoir construire sur un mode autogestionnaire ». En voilà un drôle de libertaire qui prône l’appel à l’État pour construire l’anarchie ! Parmi les autres absurdités développées ce jour-là par Onfray, une théorie du complot s’agissant du référendum sur le traité de Maastricht : « A mon avis, je ne suis pas sûr mais j’ai presqu’une hypothèse : on peut même imaginer que les Français avaient voté contre et que le cynisme de Mitterrand aurait rendu possible une erreur de calcul, comme ça s’est fait aux États-Unis avec George Bush. » Une affirmation applaudie par la salle. Et enfin, il a regretté que les leaders de gauche de l’après-Mai-68 (Marchais, Mitterand, Krivine, Badinter, Chevènement selon lui) n’aient pas dit à l’époque quelque chose comme : « il y a des valeurs à gauche qui font qu’on doit pouvoir proposer [des choses] pour le travail, pour la famille et même pour la patrie s’il faut prendre ces instances-là. » Ce qui ne l’a pas empêché de comparer à la fin du débat une prétendue « islamisation » de la France à la collaboration, avec les acquiescements de Zemmour. Fermez le ban !

Partagez ce contenu :
Share on FacebookTweet about this on TwitterShare on TumblrShare on Google+Share on LinkedInDigg thisShare on RedditFlattr the authorShare on StumbleUponEmail this to someonePrint this page

La CGA propose des pistes de réflexion contre le confusionnisme politique

La CGA (Coordination des groupes anarchistes) de Lyon vient publier un texte consacré au danger que représente le confusionnisme politique. Extraits :

« Le confusionnisme se développe sur une culture politique, sociologique et historique faible, et sur l’idée que « la politique » désigne uniquement les actions menées par les classes dirigeantes, amenant les individus à se proclamer « apolitiques ». Le confusionnisme se nourrit également des communautés émotionnelles entretenues par l’industrie de l’actualité et de la culture, qui créent une union des spectateurs et spectatrices sur des faits divers et des drames. Une critique du confusionnisme sans arguments ni explications ne permet pas de freiner son développement et les dangers qui en découlent. Ce type de critique peut au contraire entraîner un repli sur soi de certain-e-s militant-e-s ou, ,de la même manière, un éloignement d’autres militant-e-s ou de sympathisant-e-s qui voient se multiplier des rejets qu’il/elles ne comprennent pas forcément. Il faut bien faire la différence entre celle et ceux qui sont dans la confusion, ou semblent y adhérer, et ceux qui l’organisent. […]

Une des particularités générales du confusionnisme est la hiérarchisation des oppressions et des luttes. Le fait de considérer une oppression et donc la lutte correspondante comme au-dessus de toutes les autres est déjà une porte grande ouverte à la confusion : peu importe ce que l’on pense du reste du moment que l’on est d’accord sur ça. Les réflexions sur l’intersectionnalité des oppressions peuvent donc jouer un rôle pour la prévention et la lutte contre la confusion politique. L’intersectionnalité étudie les formes de domination et de discrimination non pas séparément, mais dans les liens qui se nouent entre elles, en partant du principe que le racisme, le sexisme, l’homophobie ou encore les rapports de domination entre catégories sociales ne peuvent pas être entièrement expliqués s’ils sont étudiés séparément les uns des autres. »

Partagez ce contenu :
Share on FacebookTweet about this on TwitterShare on TumblrShare on Google+Share on LinkedInDigg thisShare on RedditFlattr the authorShare on StumbleUponEmail this to someonePrint this page

Gauche radicale, marxisme et question religieuse : une revue de presse

Sur le problème du rapport de la gauche radicale à la question religieuse et à l’islam en particulier, plusieurs contributions ont attiré récemment notre attention, notamment un article très fouillé datant de 2005 et republié en janvier de la revue Ni Patrie Ni Frontières et un texte à tonalité pamphlétaire publié par le militant marxiste proche de Lutte ouvrière Yann Kindo. Même si nous pouvons avoir quelques divergences avec les auteurs, notamment en termes de vocabulaire, ces deux textes invitent à réfléchir à cette problématique trop souvent éludée dans les milieux libertaires et de gauche radicale. De plus, tant Ni Patrie Ni Frontières que Yann Kindo proposent d’autres textes de fond s’agissant du concept d’islamophobie (voir ici et ), du rapport de la gauche radicale à l’islam politique notamment au Royaume-Uni (voir par exemple ici) mais aussi dans certains pays de culture islamique dont l’Iran et la Palestine (voir ) ainsi que s’agissant des idées développées par Marx et certains de ses successeurs sur la question religieuse (voir ici et ) qui permettent, pour ceux qui le les connaîtraient pas, de mieux situer leurs analyses récentes dans le contexte plus large d’une pensée marxiste qui refuse de se renier, préférant parler de lutte des classes plutôt que de questions identitaires. Et toujours à lire sur ce sujet, l’excellent texte de Germinal Pinalie sur les identitaires de gauche.

Partagez ce contenu :
Share on FacebookTweet about this on TwitterShare on TumblrShare on Google+Share on LinkedInDigg thisShare on RedditFlattr the authorShare on StumbleUponEmail this to someonePrint this page

Liberté d’expression, racisme, théories du complot… Une revue de presse

Radio Vosstanie a consacré son émission du 24 janvier à la question de la liberté d’expression, notamment suite à une polémique ayant récemment eu lieu dans les milieux libertaires à propos de d’Alexis Escudero (intellectuel réactionnaire promu par certaines personnes dans ces milieux) et plus largement suite aux questions soulevées sur ce sujet par l’attentat contre Charlie Hebdo et ses suites. De son côté l’émission « Lundi matin » sur Radio libertaire, a su également traiter intelligemment de ce sujet, dans le cadre d’une émission diffusée le 19 janvier dernier et consacrée plus largement à la profusion de propos racistes qui ont suivi ces attentats. Et afin justement de tenter d’en finir avec les visions caricaturales de l’islam propagée tant par les fanatiques religieux que par les racistes de tous poils, nous vous conseillons également la lecture d’une interview de Sophie Makariou, conservatrice au Musée du Louvre, parue sur le site de L’Obs le 17 janvier sur l’histoire des représentations de Mahomet, qui sont présentes dans de nombreux manuscrits des siècles passés. Enfin, la période étant propice à la confusion et au retour sur le devant de la scène des théories du complot, on lira avec profit un article récent du Naufrageur qui revient sur l’histoire du Réseau Voltaire, complété par un article consacré à Boris Kagarlitsky, théoricien marxiste réactionnaire présent dans les mouvements sociaux.

Partagez ce contenu :
Share on FacebookTweet about this on TwitterShare on TumblrShare on Google+Share on LinkedInDigg thisShare on RedditFlattr the authorShare on StumbleUponEmail this to someonePrint this page

Un discours sécuritaire sur Radio libertaire

Déjà mise en cause par le passé pour avoir invité Riposte laïque, l’émission « La Philanthropie de l’Ouvrier charpentier » sur Radio libertaire a promu dans sa dernière édition des idées bien éloignées des valeurs anarchistes.

Le confusionnisme vu par des libertaires : une émission de Radio Vosstanie

Radio Vosstanie, une webradio libertaire, a fait le 6 décembre dernier une émission en partie consacrée au confusionnisme politique, et téléchargeable sur son site (l’extrait commence à la 27e minute). Les animateurs y abordent cette question d’un point de vue libertaire, insistant sur le fait que le nationalisme et l’étatisme sont la base de bien des confusions, développant une critique de l’antifascisme interclassiste et d’une tendance de certains antifascistes et libertaires à vouloir renoncer au combat contre le fait religieux.

Partagez ce contenu :
Share on FacebookTweet about this on TwitterShare on TumblrShare on Google+Share on LinkedInDigg thisShare on RedditFlattr the authorShare on StumbleUponEmail this to someonePrint this page