Arte

Des documentaires à voir sur Daesh, la dictature d’Assad et le système Poutine

Nous n’avons pas l’habitude de faire la promotion d’émissions diffusées par les médias dominants, mais nous ferons une exception cette fois-ci en vous invitant à regarder les excellents documentaires diffusés hier sur Arte et sur France 2, à propos d’une part des crimes de Daesh et de l’Etat policier syrien et d’autre part du système Poutine en Russie.

A visionner pendant sept jours sur Arte :

Daech, naissance d’un Etat terroriste
Encerclés par l’Etat islamique
Entretien avec la réalisatrice de ces deux films, Sophie Nivelle-Cardinale
Disparus, la guerre invisible de Syrie

Et sur France 2, un film de Jean-Michel Carré visible encore six jours :
Poutine pour toujours ?

A noter aussi la diffusion sur Canal + lundi soir d’un « Spécial Investigation » sur les liens entre le FN et le régime de Poutine, visible par exemple ici et .

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Arte invite Hervé Juvin, économiste d’extrême droite

Hier soir, le « 28 Minutes » d’Arte, émission de débat qui suit son journal, a couvert la question de  l’afflux de migrants en Europe, en s’appuyant sur l’exemple de Calais. En plateau notamment, aux côtés de Denis MacShane (ex-ministre du gouvernement de Tony Blair chargé des affaires européennes entre 2002 et 2005) et d’Emmanuel Blanchard (président de Migreurop), Hervé Juvin, présenté comme « économiste et essayiste ». Hors, si la présentatrice Elisabeth Quin a bien précisé en présentant ce dernier qu’il considérait l’immigration comme une « invasion », à aucun moment il n’a été indiqué ses liens avec l’extrême droite,  précision qui aurait pourtant éclairé les téléspectateurs sur certaines de ses remarques. En effet, Juvin est connu pour ses liens avec l’extrême droite, et singulièrement avec le Bloc identitaire, dont il est une des références intellectuelles. Sur le plateau d’Arte, il a tenu des propos complaisants notamment vis-à-vis du régime de Kadhafi en Libye, qualifié de « verrou efficace » contre l’immigration, a exprimé ses craintes d’un « appel d’air » suite à l’accord franco-britannique sur ce problème et sa « pensée pour les habitants de Calais, je pense que le gouvernement de la France doit penser d’abord à la France et aux Français, et je pense que la vie de ceux qui vivent au contact direct est simplement insupportable. » Or, la formulation de la question à laquelle répondait ici Hervé Juvin laisse peu de doute quant à la connaissance qu’avait la présentatrice Elisabeth Quin de l’orientation politique de l’économiste : « Hervé Juvin, je suppose que vous ne ressentez pas le même contentement que votre voisin Denis MacShane quant à la visite et l’empathie qu’a manifesté Manuel valls pour les migrants (sic) ? » Dès lors, pourquoi ne pas l’avoir mentionné ? Et pourquoi l’avoir invité, surtout dans le cadre d’une émission qui a par ailleurs consacré deux sujets à la dénonciation de l’extrême droite, dont l’un aux divers propos polémiques tenus par Roger Helmer, député européen du parti souverainiste britannique Ukip ? Sur le plateau, seul Emmanuel Blanchard a protesté contre les propos pro-Kadhafi de Juvin et relevé le caractère connoté du  concept de « sans-frontiérisme » que ce dernier a utilisé après avoir exprimé sa prudence s’agissant de la notion de xénophobie. Il est à noter que le « 28 Minutes » n’est pas diffusé au même moment en Allemagne, il l’est pendant la nuit qui suit sa diffusion française, vers quatre heures du matin. Quant à Hervé Juvin, s’il s’exprime régulièrement dans d’autres grands médias (Le Monde, Le Figaro, L’Expansion, Les Échos, BFM Business…), il est surtout relayé par des sites d’extrême droite comme FdeSouche, la Fondation Polémia ou Realpolitik.tv, un site fondé par Aymeric Chauprade sur lequel il tient une chronique.

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Formation militaire d’enfants par le bataillon Azov en Ukraine : un oubli d’Arte Journal

Hier soir, Arte Journal a diffusé un reportage sur un camp militaire pour enfants et adolescents géré par le ministère de l’Intérieur ukrainien et accueillant pendant les vacances des centaines de jeunes qui y suivent une formation au maniement de armes et au combat. Mais ce que n’a pas mentionné Arte, c’est la nature de l’unité qui encadre cette drôle de colonie de vacances. En effet, le bataillon Azov, dont le nom n’a été mentionné que dans un bandeau présentant l’un des formateurs interviewés, a été intégré à l’armée régulière ukrainienne depuis septembre dernier mais reste surtout connu pour ses crimes commis dans l’Est du pays, condamnés y compris par l’Onu, et pour ses sympathies néo-nazies. D’ailleurs, les insignes du bataillon arborant des symboles SS ainsi que son nom sont omniprésents dans le campement filmé par Arte, de même que sur les t-shirts dont sont revêtus les enfants. Du coup, cet oubli de la chaîne franco-allemande, qui suit de prêt ce conflit depuis ses débuts, est  incompréhensible, d’autant que la mention cette information aurait apporté un éclairage essentiel sur le sujet.

L'insigne du bataillon Azov, avec sa Wolfsangel, décore le parcours du combattant. (Capture d'écran Arte Journal)
L’insigne du bataillon Azov, avec sa Wolfsangel, décore le parcours du combattant. (Capture d’écran Arte Journal)

Même si aux élections législatives d’octobre dernier l’extrême droite représentée essentiellement par le parti Svoboda n’a obtenu qu’un faible score, il n’en reste pas moins que le gouvernement de Petro Porotchenko, à dominante conservatrice et libérale, tient une ligne nationaliste et continue d’entretenir des liens ambigus avec l’extrême droite la plus radicale, à laquelle il ne cesse de donner le change, que ce soit en votant des lois négationnistes ou en tolérant les insignes nazis dans les rangs de ses forces miliaires et notamment au sein du bataillon Azov, qui compte de nombreux volontaires étrangers. Comme l’a noté d’autre part Arte, le gouvernement aurait même souhaité intégrer aux troupes régulières les milices du groupe ultranationaliste Parvyi Sektor. Malheureusement pour lui, ce dernier l’accuse de trahison et n’hésite plus à combattre les armes à la main les forces gouvernementales. Un conflit de plus dans une guerre qui n’en finit plus, et dont les premières victimes sont les populations civiles.

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Propagande, haine et meurtre : l’histoire du terrorisme d’extrême droite en Europe

Alors que l’existence d’un terrorisme islamiste sert de prétexte à la libération de la parole et des actes racistes et que certains de nos dirigeants irresponsables agitent le chiffon rouge d’une « guerre de civilisation », nous vous proposons pour mémoire une plongée dans l’histoire du terrorisme d’extrême droite, qui a fait plus de deux cents morts dans toute l’Europe depuis quarante ans. Ce documentaire, diffusé sur Arte en 2012, souligne la complicité dont certains groupes ont pu jouir par le passé de la part de larges pans des appareils étatiques, par exemple dans l’Italie des années de plomb. Mais il montre aussi l’actualité encore prégnante du phénomène, puisque, au-delà du cas spectaculaire d’Anders Behring Breivik, dans les années 2000, une cellule de trois activistes a perpétré en Allemagne des meurtres sur des personnes d’origine immigrée à l’ombre du terrorisme islamiste, qui détournait alors l’attention de la police et à permis à ces néo-nazis d’agir en toute impunité. Encore aujourd’hui, on peut se demander si les militants néo-fascistes partis combattre en Ukraine feront à leur retour l’objet des mêmes mesures de surveillance que les islamistes désireux de rejoindre Daesh.

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