Europe

Salutation de la KEERFA aux manifestants de Calais

Ce week-end, plusieurs centaines de personnes ont aussi manifesté leur soutien aux migrants à la frontière gréco-turque. Voici le communiqué publié par nos camarades grecs :

« Salutation de la KEERFA aux manifestants de Calais

Nous les manifestant.e.s qui sommes venu.e.s des 4 coins de la Gréce, ici à Alexandroúpolis, pour revendiquer de mettre fin aux noyades dans la mer Egée, nous ne sommes pas seul.e.s. Nous saluons toutes et tous les antiracistes et les antifascistes qui manifestent aujourd’hui leur colère, qu’ils soient à Lampedouza ou à Calais.

Il s’agit d’un soulèvement international contre les Le Pen et les partis fascistes de l’Europe mais aussi contre les politiques de Hollande et Merkel qui leur ouvrent la voie!

Le 23 janvier, des manifestant.e.s descendent dans les rues d’Istanbul et le 24 nous allons nous rencontrer sur la frontière gréco-turque aux Jardins (Kipoi) d’Evros. Le 23 vous, les antiracistes et les antifascistes en France vous manifestez à Calais, la « jungle » de la honte, malgré que les fascistes menacent d’empêcher cette manifestation.

A Evros, la voix de protestation des travailleuses, des travailleurs et de la jeunesse contre l’obstacle meurtrier du mur d’Evros, s’exprimera haut et fort. Nous manifesterons pour que ce mur, qui bloque le passage des celles et ceux qui fuient la guerre et la famine, des refugié.e.s et des migrant.e.s, tombe.

Le fait qu’en Grèce le mouvement international de solidarité est persécuté avec des arrestations des pompiers Espagnols et d’autres personnes solidaires, est scandaleux.

Nous n’acceptons pas que les personnes solidaires qui sauvent des vies à Mytilène ou sur d’autres îles, soient chasées par la police et FRONTEX.

Nous n’acceptons pas cette Europe Forteresse avec ses camps de concentration, les renvois, les murs, les exclusions, l’islamophobie et sa FRONTEX.

Nous n’acceptons pas que le gouvernement SYRIZA-ANEL coupe les retraites de nos grand-mères de Mytilène qui portent les enfants des refugié.e.s dans leurs bras.

Ils ne peuvent pas cacher la sauvagerie des noyades dans la mer Egée derrière la proposition de donner aux habitant.e.s des îles le prix « Nobel de la Paix ».

Le gouvernement devrait faire tomber les murs, arrêter la police et ses contrôles racistes, couper les budgets pour les armements et il devrait donner enfin cet argent à l’assurance sociale, pour l’éducation et la santé. Cet argent pourrait financer la construction des vrais espaces d’accueil pour les refugié.e.s.

D’Evros jusqu’à Calais, créons une vague de solidarité des peuples.

De notre part nous saluons les syndicats, les mouvements de solidarité aux refugié.e.s, les communautés des migrant.e.s et les oganisations de la gauche qui participent à votre manifestation. Toutes et tous ensemble nous continuerons avec l’organisation de la journée internationale contre le racisme et le fascisme, le 19 mars, le même jour que le sommet de l’UE décidera l’autonomisation de FRONTEX au niveau interventionnel aux frontières.

Toutes et tous ensemble nous pouvons faire tomber les murs! »

Pour suivre l’actualité des migrants bloqués en Grèce et dans les Balkans, suivre (en anglais principalement) :

Forgotten in Idomeni
Le hashtag « Idomeni » sur Twitter
Moving Europe
No Border Serbia

Et en France, découvrir le formidable travail du journal Merhaba.

An aerial view of a field called the "New Jungle" with tents and makeshift shelters where migrants and asylum seekers stay, is seen in Calais, France, in this picture taken October 1, 2015. The number of migrants in the Calais camp on France's north coast has doubled to close to 6,000 people, the prefect for the region said October 16, 2015. REUTERS/Pascal Rossignol
An aerial view of a field called the « New Jungle » with tents and makeshift shelters where migrants and asylum seekers stay, is seen in Calais, France, in this picture taken October 1, 2015. The number of migrants in the Calais camp on France’s north coast has doubled to close to 6,000 people, the prefect for the region said October 16, 2015. REUTERS/Pascal Rossignol
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La dernière de Jean-Luc Mélenchon

Mélenchon, encore, sur la crise migratoire, il y a deux jours : « Après avoir transformé la Grèce en protectorat, le gouvernement allemand veut désormais punir les États européens qui ne se plient pas à ses exigences. » Question : ces États européens que Mélenchon prétend défendre incluent-ils ceux qui mènent des politiques directement inspirés de l’extrême droite comme celui de Viktor Orban en Hongrie ?

Source : jean-luc-melenchon.fr/2015/09/15/migrants-leurope-allemande-dicte-ses-ordres/

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Grande pétition rouge-brune pour la sortie de la France de l’Otan

Comité Valmy (bis) : parallèlement à ses sorties anti-migrants, le Comité Valmy vient de lancer une énième pétition confusionniste pour la sortie de la France de l’Otan, intitulée « Pour la dénonciation par la France du traité de l’Atlantique Nord et le retrait de ses Armées du commandement intégré ». Cet « appel pluraliste » a été signé par un ensemble de groupuscules souverainistes et d’anti-impérialistes campistes de gauche comme de droite aux noms évocateurs : Collectif Résistance et renouveau gaullien, Mouvement pour un socialisme du 21ème siècle, Association France – Corse , Comité pour une Nouvelle Résistance – CNR, Association NordSudPatrimoineCommun, Mouvement Républicain de Salut Public, Comaguer, Editions Démocrite, Association Espace Che Guevara Bolbec 76210, Cercle des Patriotes optimistes. Parmi les signatures individuelles, on compte plusieurs anciens hauts gradés de l’armée ou d’anciens ambassadeurs, mais aussi Thierry Meyssan, Raphaël Berland (Cercle des Volontaires), la négationniste Ginette Skandrani, Bruno Drweski et plusieurs de ses amis (Jean-Pierre Page, Yves Vargas), les larouchistes Jacques Cheminade et Christine Bierre, l’inévitable Pierre Lévy de BRN-Ruptures, l’hagiographe de Staline Dominico Losurdo, la complotiste Chantal Dupille dite Eva R-esistons, le blogueur Lucien Pons (du Comité pour une Nouvelle Résistance), Bassam Tahhan, le couple Moumbaris (d’anciens militants de l’ANC qui se définissent comme « marxiste-léniniste-staliniste »), Yannick Herve (ex-UPR, qui signe en tant que « souverainiste de gauche »), la journaliste de Sputnik News Françoise Compoint, le journaliste d’extrême droite Jean-Michel Vernochet, le blogueur cégétiste Jacques Tourteaux, le blogueur Christian Hivert qui tout en se disant « communiste libertaire » anime le site « anti-antifa » mouvementautonome.com, François Belliot (collaborateur du Réseau Voltaire et d’Arrêt sur Info, qui signe en tant qu’ « homme de lettres »), le Comité anti-impérialiste mais aussi des militants communistes, gaullistes, du PRCF, de l’UPR, du Front de Gauche, de Nouvelle Donne, du Mouvement du 14-Juillet ou du M’Pep (ils signent encore sous cette dénomination). Des sites et blogs ont également adjoint leur signature, dont Wikistrike, le Réseau Voltaire, Planète non violence (tous trois complotistes), Palestine Solidarité (site « antisioniste » publiant des négationnistes), La Pensée libre (revue animée par Bruno Drweski), La Voix de la Libye (site kadhafiste de Ginette Skandrani), etc. Le Comité Valmy est un habitué du genre : on se souvient en particulier de son « Appel à faire cesser l’agression contre la Syrie et à refuser la participation de la France à celle-ci » initialement paru en 2012 et republié récemment, sous lequel on retrouvait le même mélange moisi.

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Jean-Marie Harribey critique autant Sapir que Lordon

Jean-Marie Harribey (Attac, Alternatives économiques, Economistes atterrés, Politis, Fondation Copernic) a jugé le 30 août dernier « tardives et donc assez peu crédibles » les « indignations justifiées » qui ont suivi les déclarations de Jacques Sapir relatives à une alliance anti-euro pouvant s’ouvrir jusqu’au FN. En particulier, il propose dans son article publié sur le blog d’Alternatives économiques une critique de l’article de Frédéric Lordon, « Clarté », que nous évoquions précédemment. Harribey y revient sur les origines de ces polémiques animant le champ des économistes dits « hétérodoxes » et s’interroge sur leur responsabilité (Harribey s’inclut dans la critique) dans la confusion actuelle. A propos de Sapir, il note qu’ « On tombe toujours du côté où l’on penche » et relève chez lui une absence « d’analyse de classes » et une « ignorance totale du modèle productif à initier en pensant que le productivisme est reconductible ». A Lordon qui reproche à ceux qu’il appelle les « altereuropéistes » (qualificatif par lequel Harribey se sent visé) d’avoir « ignoré ou oublié la dualité signifiante de la « nation souveraine », l’économiste membre du conseil scientifique d’Attac répond : « Où est la dualité quand Frédéric Lordon théorise l’identité entre nation et souveraineté ? À moins qu’il s’agisse d’une ruse de la dialectique ? Si oui, l’unité des contraires ne suppose-t-elle pas la contradiction entre eux ? » L’article d’Harribey sent aussi la gueule de bois de ceux qui avaient fondé leurs espoirs dans Syriza pour faire bouger les lignes au niveau européen, une illusion largement partagée par l’ensemble de ces économistes issus de l’altermondialisme : « le gouvernement d’Alexis Tsipras s’est bercé d’illusions pendant six mois et n’a préparé aucune voie alternative pour inverser le rapport de force », écrit-il aujourd’hui : « difficile d’y voir clair après la défaite de la Grèce qui est aussi la nôtre ».

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Frédéric Lordon juge « monstrueuse » une possible alliance avec le FN

Face aux déclarations de Jacques Sapir appelant à une alliance anti-euro qui regrouperait jusqu’au FN, celles de Jean-Pierre Chevènement allant dans le même sens ou celles de Nicolas Dupont-Aignan qui le 29 août dernier lors de la soirée de clôture de l’université d’été de Debout la France a « rassembler au-delà des appareils les patriotes de droite, de gauche et d’ailleurs », une des rares voix dissonantes chez les intellectuels souverainistes est celle de Frédéric Lordon. L’économiste a en effet publié sur son blog le 26 août dernier un texte intitulé « Clarté » dans lequel il juge de telles alliances « invraisemblables ». « Le drame politique se noue véritablement quand la confusion n’est plus seulement alimentée par ce qu’on appellera la droite générale – où le PS se trouve évidemment inclus – mais depuis la gauche également, et sous deux formes diamétralement opposées : l’entêtement de la gauche alter-européiste à « changer l’euro », la perdition d’une autre gauche dans la tentation, pour le coup, oui, monstrueuse, de l’alliance avec le Front national », explique l’économiste, qui reproche à Jacques Sapir d’avoir cédé à « une idée despotique » et d’avoir « perdu tout sens de l’histoire », indiquant : « il y a pire que l’égarement : l’égarement pour rien. Car voici la tragique ironie qui guette les dévoyés : le FN, arrivé au pouvoir, ne fera pas la sortie de l’euro. » Et d’en appeler à une sortie de gauche de l’euro, la seule possible selon lui. Pour autant, Lordon ne renonce pas à son antienne : réhabiliter l’idée nationale à gauche, alors même que le chauvinisme est une des sources importantes de la confusion qui règne dans certaines franges de ce camp politique. « Dans ces conditions, la faute intellectuelle de l’alter-européisme est triple : il a manqué à voir la dualité du signifiant « nation souveraine », abandonné à la droite d’en imposer sa lecture, et par cet abandon même trahi son propre legs historique : car en France la nation souveraine naît en 1789, elle se constitue comme universalité citoyenne, elle exprime le désir de l’autonomie politique, désir d’un peuple en corps de se rendre maître de son destin, bref elle est de gauche », explique-t-il. L’économiste, qui continue donc d’affirmer qu’il ne faut pas laisser l’idée nationale à l’extrême droite, n’analyse pour autant pas le retournement de Sapir (que d’ailleurs il fallait être aveugle pour ne pas voir avant août) comme n’étant finalement que la conclusion logique et pratique de son souverainisme. De même, en focalisant sur l’euro (ne fait-il pas à ce sujet du « mono-idéisme » lui aussi ?), il n’explique pas non plus comment une sortie de cette monnaie pour revenir à une monnaie nationale permettrait de combattre efficacement le capitalisme et de mettre fin à ses ravages, dans la mesure où la monnaie, qu’elle qu’elle soit, est un des principaux instruments sur lequel ce dernier repose.

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Michel Onfray soutient Jacques Sapir

Onfray (bis) : le philosophe pseudo-libertaire Michel Onfray a inauguré hier une rubrique hebdomadaire qu’il tiendra désormais sur France Culture, « Le monde selon Michel Onfray ». Dans le premier épisode, consacré à la polémique initiée par Jacques Sapir dans le petit milieu des souverainistes s’agissant d’une éventuelle alliance avec le FN, Onfray explique : « Je crois qu’il ne brouille pas les choses mais il les éclaircit. Ça me paraît extrêmement intéressant de pouvoir changer le schéma habituel, qui est un schéma classique du genre : on a la droite, on a la gauche […]. » Tout en niant penser que la différence entre ces deux courants n’existe plus, Onfray se dit « fidèle » à la « mystique de gauche » qui au 19e siècle a sorti les enfants des mines contre la « gauche triviale qui ne veut pas forcément les idées de gauche mais qui veut le pouvoir ». Pour Onfray, « il y a une gauche et il y a une droite », mais chacune est « coupée en deux ». Selon lui, « ce que propose Jacques Sapir, c’est d’associer une droite et une gauche qui ne s’entendent pas, alors que finalement, une autre droite et une autre gauche s’entendent. C’est-à-dire que quand vous distinguez la droite et la gauche, il faut couper la droite en deux : il y a une droite libérale et une droite antilibérale, et c’est la même chose avec la gauche […]. » Alors que les deux premières s’entendent, les deux secondes n’y parviennent pas « alors que, nous dit Onfray, quand vous regardez dans l’histoire, vous vous apercevez que Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon partagent nombre de positions », notamment la défense de Syriza, les positions sur Poutine, l’euro, le libéralisme, la critique de François Hollande, la critique « anti-système » et le souverainisme. Partant de ce constat, Onfray conclut :

« On se dit que peut-être l’idée et bonne – et moi je pense qu’elle est bonne – de fédérer les souverainistes des deux bords. Le problème c’est : est-ce qu’on doit penser ces choses-là en termes de partis – ce que je ne crois pas – ou termes d’électeurs – ce que je crois ? S’il s’agit des partis, évidemment, on voit mal Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon signer des conventions communes ou avoir un candidat commun. Donc je pense qu’il ne faudrait pas tant s’intéresser à des partis qu’à des individus. Et un individu qui serait au-dessus des partis mais qui défendrait un souverainisme et qui serait capable de faire cette synthèse, je pense que cet individu aurait des chances de peser lourd dans une élection présidentielle ».

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Document : pour Michel Onfray, Marine Le Pen est « libertaire »

En pleine crise migratoire et en plein retour en force du souverainisme dont nous essayons sur ce site de cerner les contours, il est bon de rappeler ce que disait Michel Onfray, pseudo-libertaire, il y a un an sur RTS (Radio-Télévision suisse) le 27 août 2014, à propos des souverainistes et du souverainisme :

« ces gens-là ils sont majoritaires dans la population et minoritaires dans leur représentation. Et je pense que quand on s’aliène, quand on se vend, quand on renonce à sa souveraineté nationale au profit d’une souveraineté européenne, et bien effectivement, on renonce à la liberté, on n’aime pas la liberté quand on demande à Bruxelles de décider de notre ligne politique. […] Ceux qui veulent recouvrer la liberté, je les appelle des « libertaires », donc ça va chez nous en France de Marine Le Pen à Mélenchon en passant par l’aile gauche du parti socialiste et l’aile gauche de l’UMP, ça fait beaucoup de monde en France. »

Interrogé sur la xénophobie de certains partis souverainistes comme en Suisse celui de l’Union démocratique du Centre (UDC), à la question de savoir si le rejet des étrangers était un risque à courir, Onfray a répondu :

« considérer que la totalité des flux d’immigration du monde ne peuvent pas se trouver concentrés dans les pays d’Europe, ce n’est pas ne pas aimer les étrangers. On peut simplement vouloir protéger un pays ou une Europe, qui elle est impliquée dans une mondialisation, et ça peut être une façon de défendre son économie et son peuple. Je ne pense pas que ce soit une occasion de ne pas aimer les étrangers que de défendre son peuple en disant que nos ouvriers puissent travailler, que les familles puissent avoir de l’argent parce qu’il y aura un travail, etc. Ce n’est pas détester les étrangers, ça. »

Pauvre philosophe, qui ignore que la majorité des migrations se font dans un sens Sud-Sud et pas Sud-Nord ! Merci au lecteur qui nous a déterré cette perle, démontrant encore s’il en était besoin que Michel Onfray n’a rien d’un libertaire, mot dont il ne semble même plus comprendre le sens réel.

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Jean-Luc Mélenchon compare le gouvernement Merkel au régime nazi

Jean-Luc Mélenchon vient encore de faire une comparaison historique osée :

2015-07-16_mélenchon_gvtallemandComme on s’en doute, il fait ici référence à trois événements : les deux conflits mondiaux qui ont ensanglanté l’Europe au 20e siècle et la crise actuelle. Outre l’anachronisme de la chose, faut-il lui rappeler que s’agissant de la Première guerre mondiale, on peut considérer tous les États belligérants comme étant co-responsables du déclenchement du conflit et de son enlisement ? Quant à la Seconde guerre mondiale, si la responsabilité du régime nazi est en effet écrasante, faut-il pour autant rappeler qu’entre 1933 et 1939, les gouvernements français et britannique ont plus souvent qu’à leur tour fait preuve d’une complaisance coupable envers le dictateur, abandonnant au passage à son sort la révolution espagnole ? Quant à la crise actuelle, outre qu’elle n’a rien à voir avec un conflit armé et que dresser un parallèle entre les deux est même assez odieux car cela revient notamment à relativiser la gravité des crimes nazis, faut-il encore souligner que toutes les bourgeoisies nationales européennes (pour rester dans le cadre de ce continent) en sont co-responsables, qu’elles soient allemande, française ou grecque ? Mélenchon multiplie en ce moment les références au régime nazi quand il évoque le gouvernement d’Angela Merkel. Il a beau tenter de se rattraper ensuite en précisant que tout cela «n’a rien de comparable à la deuxième Guerre mondiale», et qu’«on ne parle pas de la même idéologie», le mal est fait.

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Grèce : Syriza pris dans ses contradictions

D. R.
D. R.

Après Franz-Olivier Giesbert qualifiant Alexis Tsipras de « bouffon magnifique, héros du FNPA (contraction du Front national et du nouveau parti anticapitaliste) » (Le point du 2 juillet), c’est au tour du ministre de l’économie Emmanuel Macron d’amalgamer hier Syriza au FN lors d’une conférence au sein des locaux du journal La Provence, dans le but de décrédibiliser les soutiens au peuple Grec, notamment le Front de gauche. S’il est vrai que le FN avait il y a quelques mois exprimé sa sympathie pour Syriza, et si le parti grec lui-même a pu contribuer à brouiller les cartes notamment en s’alliant à un parti de droite populiste ou en se rapprochant ses dernières semaines du régime de Vladimir Poutine, il va sans dire que cette comparaison n’en reste pas moins hors de propos  et que venant d’un dirigeant d’une des grandes puissances européennes qui ont refusé toute concession à la Grèce, contribuant à plonger son peuple dans la misère, elle est particulièrement abjecte. Cela n’ôte rien aux critiques que l’on peut faire par ailleurs à Syriza, qui en Grèce même subit une forte opposition y compris sur sa gauche et notamment de la part des mouvements anarchistes qui lui reprochent en particulier de ne toujours pas avoir libéré les prisonniers politiques ni même amélioré leurs conditions de détention (on peut lire l’analyse de la situation actuelle par un de ces prisonniers ici, par un groupe anti-autoritaire grec ou encore d’autres groupes anarchistes ). Des prisonniers ont même mené une grève de la faim contre les prisons de haute sécurité en février et en avril derniers (voir cette borchure). Le collectif antifasciste Soyons Sauvages relève plusieurs cas de répression et de violences policières ces dernières semaines (voir ici, et ) et d’après le témoignage d’un policier grec paru quelques jours avant le référendum dans Le Parisien, policiers et militaires continuent d’être les fonctionnaires les premiers rémunérés, au cas où on aurait besoin d’eux. Là sont les vraies contradictions de Syriza, qui avant son arrivée au pouvoir dénonçait la répression policière. Si Syriza n’est pas le FN, en revanche, c’est un parti au pouvoir qui à ce titre remplit son rôle de gardien de l’ordre bourgeois. Voilà bien au moins un point commun entre le gouvernement grec et le gouvernement français auquel appartient Emmanuel Macron, même si la comparaison s’arrête là.

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Une pétition fourre-tout pour « sauver la Grèce » et « sauver l’Europe » sur le site de Marianne

C’est une étrange pétition qui a été mise en ligne par le magazine Marianne il y a six jours. Ambitionnant de « sauver la Grèce » pour « sauver l’Europe », cet appel aux contours flous a entre autres été signé par de nombreuses personnalités du PS dont Claude Bartolone, président de l’Assemblée nationale ou Julien Dray, vice-président de la région Ile-de-France, mais aussi par Cécile Duflot et Jean-Vincent Placé (EELV), Pierre Larrouturou (Nouvelle Donne), Pierre Laurent (PCF), Anne Lauvergeon (ex-PDG d’Areva reconvertie dans le conseil), Corinne Lepage (Cap 21), Jacques Généreux (économiste classé à gauche), Henri Guaino (Les Républicains), Arnaud Montebourg, Joseph Macé-Scaron (directeur de Marianne), Jean-François Kahn, Thomas Piketty (économiste) ou Rama Yade (UDI). (Source : marianne.net/sauver-grece-c-est-sauver-europe-100235111.html)

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