Italie

Propagande, haine et meurtre : l’histoire du terrorisme d’extrême droite en Europe

Alors que l’existence d’un terrorisme islamiste sert de prétexte à la libération de la parole et des actes racistes et que certains de nos dirigeants irresponsables agitent le chiffon rouge d’une « guerre de civilisation », nous vous proposons pour mémoire une plongée dans l’histoire du terrorisme d’extrême droite, qui a fait plus de deux cents morts dans toute l’Europe depuis quarante ans. Ce documentaire, diffusé sur Arte en 2012, souligne la complicité dont certains groupes ont pu jouir par le passé de la part de larges pans des appareils étatiques, par exemple dans l’Italie des années de plomb. Mais il montre aussi l’actualité encore prégnante du phénomène, puisque, au-delà du cas spectaculaire d’Anders Behring Breivik, dans les années 2000, une cellule de trois activistes a perpétré en Allemagne des meurtres sur des personnes d’origine immigrée à l’ombre du terrorisme islamiste, qui détournait alors l’attention de la police et à permis à ces néo-nazis d’agir en toute impunité. Encore aujourd’hui, on peut se demander si les militants néo-fascistes partis combattre en Ukraine feront à leur retour l’objet des mêmes mesures de surveillance que les islamistes désireux de rejoindre Daesh.

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L’extrême droite contre les squats

Le site toulousain d’information alternative Iaata.info est revenu sur les tentatives opérées depuis deux ans par divers groupuscules d’extrême droite pour faire expulser des squats à Calais, Rennes, Montpellier et Toulouse. Ces dernières semaines à Rennes, c’est selon nos informations un mélange de militants d’Adsav (nationalistes bretons), du Front national et d’Identitaires ainsi que de gens se revendiquant des Bonnets rouges (l’organisation officielle de ces derniers s’étant désolidarisée) qui sont passés à l’action, tentant de faire croire qu’un groupe de précaires habitant une maison délabrée inoccupée depuis plusieurs années (et récemment expulsé) risquait d’entraîner la mise à la rue de sa propriétaire octogénaire, Maryvonne Thamin, alors même que cette dernière n’avait  rien fait pendant près de deux ans pour récupérer son bien, n’y vivait pas et envisage de le vendre. A Calais, c’est le collectif anti-migrants « Sauvons Calais » qui a à plusieurs reprises sonné la charge en 2013 et 2014, tandis qu’à Toulouse, un tout nouveau collectif du nom d’Ucodel s’est monté en mars et a pris d’assaut un squat en mai. Ces initiatives au discours néo-poujadiste (il s’agit de défendre la propriété privée) ont reçu le soutien éditorial du Figaro, qui a récemment publié un dossier anti-squats reprenant sans recul critique les informations des soutiens de Maryvonne Thamin, tandis qu’un député UMP proposait une nouvelle loi de criminalisation des squatteurs (voir aussi sur Squat.net et sur Iaata.info), un an après le vote d’un premier texte visant à faciliter leur expulsion et proposé par la sénatrice-maire de Calais, Natacha Bouchart, à tel point que le journal Le Monde qualifie de « surenchère » les initiatives des élus de droite sur ce sujet. Avec la récente attaque de Laurent Ozon et du groupe néo-nazi belge Nation contre une manifestation de migrants, les pressions de militants du Groupe Union Défense (Gud) contre des syndicalistes de la CNT à l’Ecole supérieure d’architecture (voir aussi sur Sons le luttes) ou encore, en Italie, celle de grévistes par des fascistes, ces tentatives relèvent d’une inquiétante tendance des forces radicales d’extrême droite à vouloir réoccuper la rue, y compris en se confrontant directement au mouvement social et en mettant en danger les plus fragiles, rassérénée par le soutien qu’elle perçoit de la part d’une droite parlementaire suiveuse, de médias souvent complaisants et d’un patronat demandeur.

Source : Citizenside/Kévin Niglaut/AFP
Source : Citizenside/Kévin Niglaut/AFP
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Ukraine : le mouvement antifasciste européen dans la tourmente ?

A l’heure où s’organise une campagne internationale pour la libération d’Alexandre Koltchenko, antifasciste de Crimée détenu arbitrairement par les autorités russes, divers individus et organisations se revendiquant de l’antifascisme tentent quant à eux d’organiser un soutien aux miliciens pro-russes du Donbass, aux côtés desquels combattent pourtant des militants d’extrême droite.