Jean-Marie Pelt

Décès de Jean-Marie Pelt, écologiste catholique réactionnaire et promoteur de l’anthroposophie

Jean-Marie Pelt aux premières Assises chrétiennes de l'écologie, 2011. Ces assises ont également accueilli Pierre Rabhi.
Jean-Marie Pelt (à droite) aux premières Assises chrétiennes de l’écologie, 2011. Ces assises ont également accueilli Pierre Rabhi.

Le biologiste Jean-Marie Pelt est décédé. Vanté de partout pour ses mérites écologistes, nous rappellerons quant à nous que toute sa vie, Pelt est resté un homme de droite. Maire adjoint de Metz entre 1971 et 1983, il a par ailleurs cofondé en 1999 avec Corinne Lepage et Gilles-Éric Séralini le Comité de recherche et d’information indépendantes sur le génie génétique (CriiGen). Fervent catholique, il s’est montré très inquiet du recul de la foi et de la montée de l’athéisme :

« Notons aussi que la science peut dériver en une religion : le scientisme. C’est net, dans le monde de la biologie il y a deux « divinités » : l’ADN et le darwinisme. Si l’on n’y prend garde, dans le monde scientifique, le scientisme dur s’installe, matérialiste et athée. Je suis très préoccupé du fait que, pour beaucoup de gens, darwinisme signifie athéisme, association qui a été renforcée par nombre de disciples de Darwin. Il en résulte que quand on enseigne le darwinisme, on postule de facto l’athéisme. Ainsi, tous les jeunes de tous les lycées et universités sont fabriqués athées, par culture. On traite les livres de la Bible, notamment la Genèse, comme les archives de l’histoire, comme des explications aujourd’hui dépassées. […] L’immense majorité des gens, ignorant la vraie portée de ces textes de style mythique, pense que :
• le monde s’est fait tout seul ;
• avec le seul hasard ;
• qu’il faut remiser la Bible dans la cave.
C’est là pour moi une immense préoccupation. »

Dans cet entretien à la revue Foi et Culture paru en 1999, il ajoutait : « Il y a là un problème majeur, dans tous les sondages on voit que la foi diminue au fur et à mesure que la culture scientifique augmente. Je pense que la confusion qui explique cette évolution a pour une large part son origine dans la biologie avec l’équation darwinisme = athéisme. Celle-ci s’est répandue comme une quasi-religion chez les darwinistes, qui se comportent, à leur manière, comme des croyants. » Jean-Marie Pelt réussissait donc l’exploit d’être à la fois opposé au créationnisme en tant que scientifique en même temps qu’un obscurantiste regrettant la perte d’influence de la religion dans la société. Il faut aussi préciser qu’en la matière, il n’était pas sectaire, puisqu’il lui est aussi arrivé de se faire le chantre de l’anthroposophie, en déclarant par exemple le 30 mars 2002 à l’antenne de France Inter :

« « A » comme Anthroposophie. C’est un sujet dont on parle beaucoup et qui dérange et que l’on a eu la maladresse, c’est un mot doux, de classer dans les sectes. Je n’aime pas les sectes et je n’aime pas, non plus, qu’on mette dans les sectes ce qui n’est pas secte. L’anthroposophie, c’est une sagesse humaine, c’est ça que ça veut dire, anthroposophie, et cette sagesse, elle est fondée sur une bonne connaissance de la nature et sur une capacité de l’apprivoiser pour cheminer avec elle dans de bonnes relations, c’est-à-dire le contraire du massacre de la nature que l’on fait, si souvent, dans les temps modernes. »

Partagez ce contenu :
Share on FacebookTweet about this on TwitterShare on TumblrShare on Google+Share on LinkedInDigg thisShare on RedditFlattr the authorShare on StumbleUponEmail this to someonePrint this page