Pontivy

Malgré l’interdiction, 200 personnes manifestent à Pontivy contre la xénophobie

Photo Ouest France
Photo Ouest France

Félicitations aux 200 manifestants qui ont défilé il y a quatre jours à Pontivy contre l’extrême droite et la xénophobie, malgré l’interdiction décrétée par le préfet (voir dans la presse régionale ici, et , ainsi que la réponse du collectif organisateur au préfet). Cette manifestation est d’autant plus symbolique qu’au lendemain des attentats du 13 novembre, le groupuscule néo-fasciste breton Adsav avait lui été autorisé à défiler dans les rues de la ville morbihannaise, y faisant régner la terreur pendant tout un après-midi. La préfecture a cependant d’ores et déjà annoncé que des poursuites allaient être engagées contre des manifestants photographiés par ses services. Deux jours avant, ailleurs en France, c’est une habitante de Nice qui a été condamnée par la justice pour avoir aidé des migrants à échapper à un contrôle policier en juillet dernier. Elle a été dénoncée par un agent de la SNCF. Solidarité !

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Déchaînement de violence fasciste hier à Pontivy

Hier, le parti d’extrême droite breton Adsav a manifesté contre les migrants, réunissant 150 personnes à Pontivy (Morbihan) au cri de « Breton, ouvre les yeux, ferme ta frontière ! » Une manifestation sous haute tension, après les attentats de vendredi. Et ça n’a pas manqué : une fois encore, l’extrême droite nous a montré son vrai visage en lynchant un passant d’origine maghrébine. Des voisins en ont témoigné sur France Bleu, comme cette commerçante située à proximité des lieux du drame : « non loin de notre magasin, un monsieur d’origine maghrébine a été pris par le col. six personnes l’ont mis à terre. C’était un défoulement sur lui. C’était déchirant, on ne pouvait pas lui porter assistance. Plus loin c’était exactement pareil. C’était de la violence et de la haine. On voyait qu’on était cerné dans la rue principale. Tous les magasins se sont fermés au fur et à mesure. On avait l’impression qu’on était en état de siège. C’était terrible, terrible… C’est une haine, une haine… Il y avait des jeunes mais aussi des quadragénaires. Ils disaient à la police et à la gendarmerie « on va les tuer, ils n’ont rien à faire ici ». Vraiment c’est la haine. » Un autre habitant a témoigné du désarroi des passants et du climat de terreur qui a régné hier dans la petite ville bretonne : « Les gens couraient, les gens criaient, c’était la panique. »

La manifestation de Pontivy relayée sur Twitter par le média identitaire Breizh Info.
La manifestation de Pontivy relayée sur Twitter par le média identitaire Breizh Info.

D’autres témoignages sont parvenus à France 3 : Georges-Yves Guillot, délégué à la vie associative de la ville, a ainsi expliqué à la chaîne que des bombes agricoles ont explosé dans les rues et que ces explosions ont provoqué des mouvements de foule dans le centre-ville : « certains magasins ont fermé leurs rideaux et ont mis à l’abri leurs clients et quelques passants, afin qu’il n’y ait plus personne dans les rues. » Une autre commerçante a confirmé qu’elle a dû fermer son bar pendant 1h30 : « vu ce qui s’était passé la veille à Paris, il y a eu un mouvement de panique: une dame est venue reprendre ses esprits chez moi, elle était choquée. » Des échauffourées ont également éclaté avec des contre-manifestants. Dans Libération, Ronan Le Gall, responsable local d’Adsav, a justifié le lynchage par le fait que le passant victime aurait voulu contester la présence de l’extrême droite dans la rue : « Quant au Maghrébin en question, il a d’abord pris à partie nos militants. Il aurait pu être martien, il aurait dérouillé pareil. » Qu’on se le dise, voilà ce qui risque d’arriver à quiconque s’oppose à ce genre de mouvement… Déjà le 7 novembre, des militants d’Adsav et des gens se revendiquant des Bonnets rouges avaient manifesté devant le parlement de Rennes, affichant une banderole « Bretagne souveraine » :

La manifestation du 7 novembre à Rennes vue par un militant d'Adsav. Les slogans peuvent se traduire par : "Vive la Bretagne libre et indépendante", "Les Français dehors" et "Plutôt la mort que la souillure" (merci au lecteur qui nous a apporté ces précisions), la souillure visant ici sans nul doute les étrangers ou perçus comme tels, au vu de l'état d'esprit de ces gens. Le drapeau blanc à croix noire ou Kroaz Du est le drapeau breton préféré de l'extrême droite locale. (Cliquer pour agrandir)
La manifestation du 7 novembre à Rennes vue par un militant d’Adsav. Les slogans peuvent se traduire par : « Vive la Bretagne libre et indépendante », « Les Français dehors » et « Plutôt la mort que la souillure » (merci au lecteur qui nous a apporté ces précisions), la souillure visant ici sans nul doute les étrangers ou perçus comme tels, au vu de l’état d’esprit de ces gens. Le drapeau blanc à croix noire ou Kroaz Du est le drapeau breton préféré de l’extrême droite locale. (Cliquer pour agrandir)

Pendant que les fascistes sont autorisés à défiler, nombre de manifestations sont en revanche interdites, comme celles que voulaient faire les opposants iraniens à Paris contre la venue du président de la République islamique d’Iran Hassan Rohani, ainsi que que des actions de soutien avec les migrants. Consulter notre recensement des événements d’extrême droite prévus ce mois-ci.

Document : lire un témoignage que nous avons reçu suite à la publication de cet article : témoignagepontivy.pdf

 

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