Violences policières

Crime policier à Rennes : 200 personnes rendent hommage à Babacar Guèye

Photo France 3 Régions
Photo France 3 Régions

Aujourd’hui à Rennes, 200 personnes ont rendu hommage à Babacar Guèye, citoyen sénégalais de 27 ans abattu par la police dans la nuit du 2 au 3 décembre derniers. Ses proches ont livré un témoignage poignant à Mediapart : « Babacar Guèye dormait chez des amis. Au cours de la nuit, il s’est réveillé, comme pris d’une crise d’angoisse. Son ami est venu le calmer et il s’est rendormi. Puis il s’est à nouveau réveillé et il est allé chercher un couteau à pain avec lequel il s’est auto mutilé. Son ami a essayé de le maîtriser, sans y parvenir, et, ce faisant, il a été blessé. Cet ami a donc appelé les pompiers au secours. Les policiers sont [également] arrivés sur les lieux. Face à cet homme armé d’un simple couteau à pain, la police, pourtant équipée de tazers, gazeuses, matraques, flash balls, l’a abattu de cinq balles dans le haut du corps. » Babacar Guèye a donc été assassiné alors qu’il avait besoin d’une prise en charge médicale, sollicitée par ses amis. Il avait le tort d’être étranger. Cela fait au moins dix ans que les pompiers se font escorter régulièrement par la police à Rennes, ce qui suscite des tensions lors d’interventions qui au contraire mériteraient une prise en charge adaptée et rassurante.

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Paris : ce soir, concert contre la Cop21 et l’état d’urgence

concert-cop21-etatdurgenceCe vedredi 11 décembre, concert à la CNT pour financer la caisse du collectif de soutien aux manifestants de l’anticop21 et pour les militants arrêtés lors des mobilisations contre la COP21. RDV au 33 rue des Vignoles, métro Avron ou Buzenval, début du concert 18h, prix libre. Plus d’informations sur Paris-Luttes.info.

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Violences policières : et ce sont les manifestants que l’on condamne…

On en sait plus sur la manifestation d’hier après-midi à République contre l’état d’urgence. 341 personnes ont été interpellées et 316 placées en garde-à-vue pour participation à une manifestation interdite. Ce soir, la plupart ont été libérées mais neuf sont encore détenues par les forces de l’ordre. Nous leur exprimons toute notre solidarité et appelons à leur libération immédiate. Malgré la violence de la police, responsable du déclenchement des hostilités, c’est une nouvelle fois celle des manifestants qui est pointée du doigt par la plupart des médias et par nombre de personnalités politiques, dont Cécile Duflot, qui a déclaré : « C’est une catastrophe, ce sont des voyous qui jettent des projectiles, ils n’ont rien à voir avec l’écologie, avec la COP21 ». Mention spéciale cependant pour Clémentine Autain, porte-parole d’Ensemble! qui, si elle compte parmi les 58 signataires d’une pétition « Nous manifesterons pendant l’état d’urgence » portée essentiellement par des intellectuels dont on se dit pour certains qu’ils feraient déjà bien de commencer à aller manifester tout court avant de donner des leçons, a publié sur son blog une tribune condamnant lesdits « casseurs ». Voici ce qu’elle écrit, loin de remettre en cause la légitimité de l’état d’urgence :

« Comment faire vivre la démocratie dans un contexte d’État d’urgence ? Soyons vigilants sur les conditions véritables de la démocratie et de la liberté. Hier, l’événement majeur fut la grande réussite de la chaine humaine. […] Malheureusement, les images de violence sur la Place de la République entachent celles de plus de milliers de citoyens et militants se donnant la main ou déposant leurs chaussures pour dire leur volonté que les Etats s’engagent concrètement et fortement pour le Climat. Sur les chaines d’info continu comme dans les grands médias papier, ce sont les photos de personnes portant des cagoules et piétinant le monument dédié aux victimes du 13 décembre qui dominent. […] Une poignée d’individus cagoulés venus « casser du flic » et non défendre le Climat a provoqué. Les forces de police étaient présentes en nombre impressionnant au regard de la taille de cette manifestation interdite et à laquelle très peu d’organisations appelaient – Ensemble-Front de Gauche, dont je suis porte-parole, n’y appelait pas. Des échauffourées entre quelques individus et la police ont crée ce climat destructeur pour la mémoire des victimes. »

A la fin de ce long développement, Autain n’écrit qu’une seule phrase pour dénoncer les violences policières, tout en jugeant « révoltant » le fait que des manifestants aient été arrêtés et en condamnant les atteintes aux libertés liées à l’état d’urgence. Avant de revenir à sa marotte : « Le mouvement social ne doit pas dépérir avec l’état d’urgence mais trouver la voix de son expression face à un pouvoir qui ne lui facilite pas la tâche. Les images de violence telles que celles de la Place de la République ne servent aucunement la cause du Climat et de la justice sociale. » Pas à une contradiction près, elle regrette cet emballement médiatique tout en y participant :

« Les images de violence telles que celles de la Place de la République ne servent aucunement la cause du Climat et de la justice sociale. La fachosphère, très en forme par les temps qui courent, se charge de les utiliser contre nous. BFM n’hésite pas à sur-saturer ses télespectateurs d’images sélectives qui ne sont pas favorables aux visées d’une gauche sociale et écologiste : vous verrez et reverrez les bougies jetées par des hommes cagoulés, vous ne verrez pas les fleurs écrasées par les crampons de policiers ou les militants se tenant la main pour protéger le monument aux victimes. »

Rappelons que les parlementaires du Front de gauche auquel appartient Ensemble! ont voté le prolongement de l’état d’urgence pendant trois mois.

Source : blogs.mediapart.fr/clementine-autain/blog/301115/du-cote-de-la-chaine-humaine

Pour rappel : casseurs casqués et encagoulés pétinant le monument en hommage aux victimes des attentats place de la République. (Les Enragés)
Pour rappel : casseurs casqués et encagoulés piétinant le monument en hommage aux victimes des attentats place de la République. (Les Enragés)
Et la palme de l'hypocrisie revient à... Jean-Luc Mélenchon, qui s'offusque de l'état d'urgence que sa formation a elle-même voté.
Et la palme de l’hypocrisie revient à… Jean-Luc Mélenchon, qui s’offusque de l’état d’urgence que sa formation a elle-même voté. (Cliquer pour agrandir)
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Deux semaines d’état d’urgence : revue de presse

En ce moment même, des dizaines de personnes sont en train de se faire embarquer par la police place de la République à Paris pour avoir manifesté contre l’état d’urgence, bravant l’interdiction de manifester. Voici deux semaines que ce régime d’exception est opérant en France, que la loi le régissant a été modifiée en vue de l’étendre à « toute personne […] à l’égard de laquelle il existe des raisons sérieuses de penser que son comportement constitue une menace pour la sécurité et l’ordre publics », tandis que la France a annoncé qu’elle allait déroger à la Convention européenne des droits de l’Homme. Vendredi, on comptait déjà 1 616 perquisitions sur tout le territoire. Comme on pouvait s’y attendre, le mouvement social est prioritairement visé, et on ne compte plus les gardes-à-vues, perquisitions, assignations à résidence, gardes à vues touchant des salariés, des militants syndicaux, associatifs, écologistes et même un jeune aveugle (on peut consulter un relevé aussi exhaustif que possible de ces abus sur le site de la Quadrature du Net, mais aussi sur le site du Monde)… De fait, l’état d’urgence facilite la mise en place de mesures coercitives arbitraires sur simple décision administrative, là où il faudrait d’ordinaire la décision d’un juge. L’interdiction de manifester est toujours en vigueur à Paris jusqu’à demain au moins, tandis qu’à notre connaissance, certains syndicats ont renoncé à des mouvements de grève la semaine dernière au nom de l’union nationale. Suite à l’assaut sur les terroristes de Saint-Denis, un de leurs voisins sans-papiers à reçu une OQTF (obligation de quitter le territoire français) après avoir manqué de se faire tuer par les forces de l’ordre, tandis que les habitants du quartier évacués attendent toujours d’être relogés. Et pendant qu’on nous demande d’accrocher des drapeaux français à nos fenêtres ou de cyber-manifester notre patriotisme avec le hashtag martial #FiersdelaFrance, la popularité du FN continue de monter.

Un des permiers usages du hashtag #FiersdelaFrance promu par le governement.
Cocorico ! Un des premiers usages du hashtag #FiersdelaFrance promu par le gouvernement.
Une image forte : Jean-Luc Mélenchon, Marine Le Pen et Florian Philippot côte-à-côte lors de l'hommage national aux victimes des attentats vendredi aux Invalides. D. R.
Une image forte : Jean-Luc Mélenchon, Marine Le Pen et Florian Philippot côte-à-côte lors de l’hommage national aux victimes des attentats vendredi aux Invalides. D. R.
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L’été, période propice aux expulsions

On le sait, l’été est une période propice aux expulsions. Paris-Luttes Infos a publié il y a quelques jours un compte-rendu relatant ce qu’il advient des personnes expulsées et de leurs affaires, ici avec l’exemple du squat des Francs-Tireurs à la Courneuve, expulsé le 2 juillet dernier. A quelques jours de la rentrée, les familles Rroms et Roumaines qui vivaient elles aussi depuis sept ans dans un bidonville, toujours à la Courneuve, dans lequel s’était organisée une vie collective, ont elles aussi été sans ménagement jetées à la rue, tandis que dans le courant de l’été, c’est un camp de migrants à Rennes qui a été visé par une procédure d’expulsion, subissant en sus une attaque fasciste. Nous ignorons le nombre d’expulsions locatives, qui ont égalment lieu au printemps et en été. Avant-hier, le collectif de mal logés des Baras an quant à lui occupé un nouveau lieu sur la commune des Lilas, mais craint une expulsion imminente. Face à ces violences, seule la solidarité paiera.

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Pendant que les camps de migrants sont évacués, le Mouvement du 14-Juillet campe aux Invalides

Alors qu’un peu partout dans le Nord et l’Est de Paris, aucun répit n’est laissé aux migrants dont les camps sont démantelés les uns après les autres et dont les manifestations sont violemment réprimées, les restes du Mouvement du 14-Juillet, composés eux de petits bourgeois chauvins et quenelliers, peuvent tranquillement camper en plein quartier bourgeois et touristique, place des Invalides. Vous avez dit « deux poids, deux mesures » ?

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Russie et Grèce : des procès à suivre

10995610_1677680795793908_3091674201233652150_oLe procès d’Alexandre Koltechenko et d’Oleg Sentsov vient d’ouvrir il y a quelques jours en Russie. Aujourd’hui, c’est le procès de militants anti-austérité, arrêtés lors de la manifestation du 15 juillet dernier, qui a commencé en Grèce. Une pétition de soutien a été déposée à l’ambassade de Grèce, notamment par Alain Krivine. Voici un extrait du texte de la pétition : « Le gouvernement SYRIZA-ANEL, qui a adopté le nouveau mémorandum dans la lignée des gouvernements précédents, prouve qu’il ne peut ni mettre en œuvre les nouvelles mesures d’austérité qui détruisent la vie des travailleurs et du peuple en Grèce ni réussir à opérer un renversement du NON massif de la classe ouvrière, sans recourir à la forme ultime de la domination sociale : la violence policière d’État et la répression. «  Nous essaierons de vous tenir au courant autant que possible du déroulé des événements.

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