Yémen

Les louvoiements de Bruno Drweski entre le PCF et l’extrême droite

On retrouve le nom de Bruno Drweski dans de très nombreuses initiatives anti-impérialistes. Personnage discret, cet universitaire n’en entretient pas moins un important réseau d’influence tant à gauche (et notamment auprès de militants communistes) qu’à l’extrême droite. Non content de théoriser le confusionnisme politique, il le met en pratique.

Bruxelles : rassemblement d’anti-impérialistes borgnes le 23 mai dernier

Le 23 mai dernier, un rassemblement « Pour la Paix au Yémen » a eu lieu devant le Parlement européen à Bruxelles. Il était animé par Bahar Kimyongür (proche collaborateur de Michel Collon) et organisé par le militant bachariste Omran Alkhatib. Etaient entre autres présents Jean Bricmont, Elie Hatem (Front national et Action française) et Ali Al-Hamed (directeur du Centre pour les droits humains en Arabie Saoudite venu exprès semble-t-il de Washington).  Le tout était sans surprise couvert par Le Cercle des Volontaires, qui en a profité pour interviewer Hatem, qui est aussi l’avocat de Yahia Gouasmi du Parti antisioniste (qui se prétend désormais descendant de Mahomet), au sujet du procès intenté par son client au dessinateur Luz et à Charlie Hebdo pour la couverture « Tout est pardonné » qui a suivi les attentats de janvier.

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Le fin mot de la conférence sur le Yémen du 29 avril dernier

Le 29 avril dernier, un mystérieux Collectif français pour la Liberté des Peuples avait annoncé la tenue d’une conférence sur le Yémen avec Alain Gresh, qui avait démenti sa présence la veille. Qu’à cela ne tienne, la conférence a tout de même eu lieu, en présence de Bruno Drweski, vieux routier de l’anti-impérialisme campiste, de Michel Raimbaud, ancien ambassadeur de France et contributeur du Réseau Voltaire ainsi que d’Ayssar Midani, militante pro-Assad des plus actives et intervenante auprès de plusieurs médias d’extrême droite (Cercle des Volontaires, Egalité et Réconciliation). Rappelons que la conférence était animée par Sayeed Imededdin Hamrouni, un proche du régime iranien. Encore une fois, il s’agissait pour tous ces gens de prendre prétexte du conflit au Yémen pour afficher leur soutien à des régimes autoritaires comme celui de l’Iran ou de la Syrie, sous couvert d’anti-impérialisme. Le Yémen est en effet devenu le nouveau champ de bataille où s’affrontent indirectement les puissances impérialistes régionales, que ce soit l’Iran (qui soutient les insurgés houthistes) ou l’Arabie saoudite (qui soutient le gouvernement), deux régimes aussi peu enviables l’un que l’autre. Et pendant ce temps-là, ce sont les populations qui trinquent

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Alain Gresh donne une conférence sur le Yémen à l’invitation d’un collectif douteux

Hamrouni et Gashgavhi à Téhéran lors des cérémonies du 36e anniversaire de la révolution islamique.
Hamrouni et Ghashgavhi à Téhéran lors des cérémonies du 36e anniversaire de la révolution islamique. (Cliquer pour agrandir)

Demain soir, Alain Gresh, journaliste au Monde diplomatique, donnera une conférence sur la situation au Yémen au Palais des Congrès de Montreuil, à l’initiative du Collectif Français Pour La Liberté des Peuples. La conférence sera animée par le principal porte-voix de ce collectif, Sayeed Imededdin Hamrouni, un Tunisien chiite proche du régime iranien qui pense que la révolution iranienne aurait dû être un modèle pour la révolution tunisienne. Il intervient régulièrement dans des médias iraniens comme l’Irib ou l’Iranian Quran News Agency (Iqna) et a par exemple participé aux cérémonies célébrant le 36e anniversaire de la révolution islamique tant en France qu’en Iran. Sur Facebook, il est entre-autres ami avec Gilles Munier et Jacob de Meknés (autre nom de Jacob Cohen), et pose en compagnie du quenellier iranien Haméd Ghashghavi. Le Collectif Français Pour La Liberté des Peuples est aussi activement soutenu par la négationniste et kadhafiste Ginette Skandrani, et relayé par le Cercle des Volontaires ainsi que par des groupes Facebook favorables à Bachar Al-Assad. En 2007, Alain Gresh avait accordé une interview au Centre Zahra, une officine chiite liée au régime iranien et dont le fondateur Yahia Gouasmi préside depuis 2009 le Parti antisioniste. Surtout, il avait fait polémique en 2009 en recensant positivement l’ouvrage de Paul-Eric Blanrue Sarkozy, Israël et les Juifs. Mise à jour, 23h51 : Alain Gresh nous indique par mail que cette conférence n’aura pas lieu. Dont acte.gresh_skandrani

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